Antoine de Cotel

(1550-1610)

 

 

Antoine de Cotel


Tombeau


 
Nous sommes moins que rien, et de la vie humaine
Le cours est moins certain qu’une ombre qui s’enfuit,
Que les flots de la mer, qu’un fantôme de nuit,
Ou que le vain portrait que rend une fontaine ;
 
Sujets au froid, au chaud, souci, travail et peine,
Toujours désir nouveau dedans le cœur nous cuit,
L’heur nous enfle soudain, espoir de près le suit,
Aussitôt terrassé par la crainte incertaine.
 
Ores l’ambition nous tient en ses liens ;
Ores l’avare soif d’amonceler des biens
Pour quelque ingrat suivant nous sert d’une furie.
 
Bref, de quelque côté que l’homme puisse aller,
Misère au pas la suit. Faut-il donc l’égaler
À l’espoir très certain d’une meilleure vie ?
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 12 mai 2016 à 21h39

Bouddhas songeurs
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Les Bouddhas, même s’ils ont gardé forme humaine,
N’éprouvent nulle peur,  lorsque leur vie s’enfuit :
Tranquilles sont leurs jours, tranquilles sont leurs nuits,
Ils prennent, pour boisson, les eaux d’une fontaine.

Sans ardeur, sans dégoût; sans travail et sans peine,
Acceptant, pour offrande, un bol de riz bien cuit,
Ils donnent quelques grains au corbeau qui les suit,
Puis contemplent, au ciel, une étoile lointaine.

Nul désir de pouvoir ne les tient en ses liens,
Nulle soif n’est en eux d’amonceler des biens,
Quant à leur gourmandise, elle est bien assouvie.

Mais, dans leur paradis, je ne crois pas aller,
Et, quant à leurs vertus, puis-je les égaler ?
Même avec ses douleurs, autant vaut cette vie.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 14 mai 2022 à 12h28

Dolmen tombal
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Autour du monument, nulle présence humaine,
Même les animaux ces parages ont fui :
Sinistres sont les jours, infernales les nuits,
Porteuse de malheur est l’eau e la fontaine.

À minuit l’on entend pleurer une âme en peine,
Mais tu ne verras rien sous la lune qui luit;
Dix mille feux follets sont par l’enfer conduits,
Garde-toi d’écouter leur triste cantilène.

Les morts sont délivrés de leurs terrestres liens,
Cependant, pour longtemps l’inframonde les tient ;
Leur soif de liberté n’est donc pas assouvie.

Aussi, je ne suis pas pressé de m’en aller ;
Tant qu’il me reste un peu de pente à dévaler,
Tu ne m’entendras pas me plaindre de la vie.

[Lien vers ce commentaire]

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