Albert Mérat

in Le Parnasse contemporain, I, 1866


Le Carreau


 
Derrière l’épaisseur lucide du carreau
Un paysage grêle, une miniature,
Fait voir chaque détail plus petit que nature
Et tient entre les quatre arêtes du barreau.
 
Ce transparent posé d’aplomb sur le tableau
Montre un ciel triste encore et d’une couleur dure,
Des gens qui vont, les champs, des arbres en bordure
Et les flaques de pluie où l’azur luit dans l’eau.
 
Il semble qu’un burin très-aigu n’ait qu’à suivre
Le trait fin des maisons, les branchages de cuivre
Où le pâle soleil glisse un regard sournois.
 
Décalque compliqué comme une broderie,
Dont le caprice peut tenter la rêverie
D’un poète amoureux ou d’un peintre chinois.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 17 juillet 2017 à 14h41

L’oiseau de juillet
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J’aperçois son reflet au milieu du carreau :
C’est un oiseau bizarre, une caricature,
Un phénomène dont j’ignore la nature,
Nul oiseleur ne l’a derrière ses barreaux.

Aucun dessinateur n’en a fait le tableau,
Son bec est redoutable et ses griffes sont dures ;
De ces sombres jardins il franchit la bordure
Pour s’en aller chasser tout seul, au bord de l’eau.

Vers son lointain logis, qui le pourrait poursuivre ?
Son plumage d’argent a des reflets de cuivre,
Son regard est sévère, et quelque peu sournois.

Plus orné qu’un prélat vêtu de broderies,
Ce volatile étrange est maître en rêverie
Tel le phénix aimé des poètes chinois.

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Photo d'après : Hans Stieglitz