Ronsard



 
Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
 
Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.
 
Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,
 
En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 27 novembre 2013 à 09h45


On n’est pas sérieux quand on a cent vingt ans,
N’ayant plus aucun muscle et plus aucune graisse,
Le coeur presque immobile, à peine palpitant,
Et plus aucun cheveu et ni ventre ni fesses.

On ne sait plus du tout comment était le temps
Des premiers pas du corps, de la première messe,
On ne sait ce que c’est que d’être bien portant.
On se sait un vivant, oui, mais de quelle espèce ?

Ne reconnaissant plus ce vieux fils d’une femme,
Les médecins ont pris son encéphalogramme,
Et le signal a dit : « Ça ne va pas très fort. »

Ne pouvant plus manger, ayant un regard vide,
L’homme de cent vingt ans est hélas trop timide
Pour oser demander qu’on débranche son corps.

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Déposé par Cochonfucius le 15 décembre 2020 à 12h55

Ayant quitté la porcherie
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Captif je fus jadis, ce temps lointain me semble,
Je partis en courant, nul ne sut m’attraper ;
Un valet fut très vif, mais il a dérapé
Quand il voulut franchir le pont de bois qui tremble.

J’avais des compagnons, et nous dormions ensemble,
Mais de tels souvenirs en moi sont estompés ;
Si je disais leurs noms, je pourrais me tromper,
Quelquefois, je confonds des mots qui se ressemblent.

Pour survivre en ces lieux, je peux me débrouiller,
Mes muscles ne sont pas totalement rouillés ;
Je suis un porc des bois, que veux-tu qu’on y fasse ?

Je rêve du passé quand je suis endormi,
Même de mes amours, les dieux me l’ont permis,
Que dans mon jeune temps je croyais voir en  face.

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