Laurent Tailhade


Sonnet


 
Ton col surgit du sein comme une tour d’ivoire,
Jeune homme ! Les anneaux sombres de tes cheveux
Flottent sur sa pâleur, liquides et plus bleus
Que la Nuit aux yeux d’or en sa robe de moire.
 
Sous le maigre habit noir, tes flancs purs et nerveux
Des marbres consacrés éternisent la gloire,
Et ta bouche sanglante est le tiède ciboire
Où revit la senteur des chrêmes fabuleux.
 
Ton beau corps cependant, aux lignes cadencées,
Jamais n’assouvira l’amour des fiancées ;
Tes larges yeux, pareils aux gouttes de la mer,
 
Ne descendront jamais de leurs ciels poétiques
Où rêve dans le chœur des éphèbes antiques
Narcisse, l’enfant blond qui mourut de s’aimer.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 29 décembre 2021 à 13h48

Édifice
-------

L’érudit se retranche en une tour d’ivoire,
Contemplant à la vitre un carré de ciel bleu ;
Il tâche de transcrire un songe nébuleux,
Souvenir indécis, fantôme en sa mémoire.

Il ne veut point en faire un récit trop verbeux,
Il veut le condenser en une brève histoire
Pour évoquer le temps où, loin de ses grimoires,
Il courtisait sa muse en des vallons herbeux.

Son esprit s’aventure en ces douces pensées,
Puis sa plume se meut, la machine est lancée,
Sans trop s’en rendre compte il aligne des vers.

Ne lui retire pas ce plaisir poétique
Lequel faisait la joie des rhapsodes antiques ;
C’est un amusement qui n’a rien de pervers.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 9 avril 2025 à 11h22


Tour du monde
--------

Je suis un monument d’ivoire,
Je resplendis sous un  ciel bleu;
Ou peut-être est-il nébuleux,
Ça n’ôterait rien à ma gloire.

De moi ne sort nul flot verbeux,
Mais tout juste une brève histoire;
Elle ne vient pas d’un grimoire,
Ni d’un petit sentier bourbeux.

Je suis inerte, sans pensées,
Mais je parle, sur ma lancée,
Et même j’aligne des vers.

« Cet univers est poétique »,
Me disait un penseur antique,
Précurseur de Jacques Prévert.

[Lien vers ce commentaire]

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