Verlaine

Amour, 1888


À Maurice du Plessys


 
Je vous prends à témoin entre tous mes amis,
Vous qui m’avez connu dès l’extrême infortune,
Que je fus digne d’elle, à Dieu seul tout soumis,
Sans criard désespoir ni jactance importune,
 
Simple dans mon mépris pour des revanches viles
Et dans l’immense effort en détournant leurs coups,
Calme à travers ces sortes de guerres civiles
Où la Faim et l’Honneur eurent leurs tours jaloux,
 
Et, n’est-ce pas, bon juge, et fier ! mon du Plessys,
Qu’en l’amer combat que la gloire revendique,
L’Honneur a triomphé de sorte magnifique ?
 
Aimez-moi donc, aimez, quels que soient les soucis
Plissant parfois mon front et crispant mon sourire,
Ma haute pauvreté plus chère qu’un empire.

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 juillet 2014 à 10h57

Fin d’une dynastie
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Les voisins de l’Empire, étant ses ennemis,
Se sont ligués entre eux pour sa grande infortune :
Ils en avaient assez de se trouver soumis
À la loi du tribut, cette charge importune.

Occupant la campagne, asservissant les villes,
Quand les meilleurs soldats sont tombés sous leurs coups,
Ils ont apprivoisé les peuplades civiles
En offrant leur butin, sans faire de jaloux.

L’empereur s’est caché, ses ministres aussi.
Des nobles d’autrefois, plus un ne revendique
Même un petit lambeau de pouvoir politique.

Pour le Dieu des combats, ce n’est pas un souci,
Il trône dans son temple avec un fier sourire ;
Le chaos lui plaît mieux qu’un immuable Empire.

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