Renée Vivien

Flambeaux éteints, 1907


Pour toutes


 
Très chère, sois plus femme encore, si tu veux
Me plaire davantage, et sois faible et sois tendre...
Mêle en pleurant des fleurs tristes dans tes cheveux
Et sache t’incliner au balcon, pour attendre...
 
Ce qu’il est de plus grave en un monde futile
C’est d’être belle et c’est de plaire aux yeux surpris,
D’être la cîme pure et l’oasis et l’île,
Et la musique étrange aux sons jamais appris...
 
Qu’un changeant univers se transforme en ta face,
Que ta robe s’allie à la couleur du jour,
Et choisis tes parfums avec un art sagace,
Toi qui sais qu’un parfum peut attirer l’amour.
 
Immobile au milieu des jours, sois attentive
Comme si tu suivais les méandres d’un chant,
Allonge ta paresse à l’ombre d’une rive,
Erre sous les cyprès à l’heure du couchant.
 
Ma très chère, sois la princesse des ruines
Et des cloîtres anciens où frissonne l’hiver,
Des temples murmurants aux ombres sibyllines...
Et souffre de la mort du soleil sur la mer.
 
Comme une dont on hait la race et qu’on exile
Sois faible et parle bas et marche avec lenteur,
Expire chaque soir avec le jour fébrile,
Agonise d’un bruit et meurs d’une senteur.
 
Étant ainsi ce que mon rêve t’aurait faite,
Reçois de mon amour cet hommage fervent,
Ô toi qui sais combien le monde est décevant
Aux curiosités fébriles d’un poète !
 
Car je retrouverai dans ton unique voix,
Dans le rayonnement de ton visage unique
Toute l’ancienne pompe et l’ancienne musique
Et le tragique amour des reines d’autrefois.
 
Et tes cheveux seront mon royal diadème,
Mes sirènes d’hier chanteront dans ta voix...
Tu seras tout ce que j’adorais autrefois...
Toi seule incarneras l’amour divers que j’aime.
 

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