Presque berger


 
Les Brises ont brui comme des litanies
Et la flûte s’exile en molles aphonies.
 
Les grands bœufs sont rentrés. Ils meuglent dans l’étable
Et la soupe qui fume a réjoui la table.
[...]

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Le Corbillard


 
Par des temps de brouillard, de vent froid et de pluie,
Quand l’azur a vêtu comme un manteau de suie,
Fête des anges noirs ! dans l’après-midi, tard,
Comme il est douloureux de voir un corbillard,
Traîné par des chevaux funèbres, en automne,
[...]

[lire le poème...]

Ténèbres


 
La tristesse a jeté sur mon cœur ses longs voiles
Et les croassements de ses corbeaux latents ;
Et je rêve toujours au vaisseau des vingt ans,
Depuis qu’il a sombré dans la mer des Étoiles.
 
[...]

[lire le poème...]

Nuit d’été


 
Le violon, d’un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle au son des cors ;
Les Sylphes vont pleurant comme une âme en détresse
Et les cœurs des grands ifs ont des plaintes de morts.
 
[...]

[lire le poème...]

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 10 octobre 2013 à 16h08


L’amour immaculé n’étant pas de ce monde,
Dans une aubade rouge il mit sa joie profonde.
L’automne était pour lui solitaire saison,

Béatrice ayant fui la commune maison,
Bergère trop volage, aux décisions bien lestes
Inspirées par Dieu sait quel doux billet céleste.

C’était l’automne… et les feuilles tombaient toujours.
Caprice blanc, la neige advint dans les trois jours.

Chapelle dans les bois devenue tombe blanche,
Chapelle de la morte, un arbre dessus penche,
Chapelle ruinée dont l’allure aurait séduit
Charles Baudelaire ou des rêveurs comme lui.

Dans son château rural, le fier poète écoute
Chopin en descendant un whisky pour la route.
Un Christ en croix le voit d’un air sage et profond,
Il fait un clair de lune intellectuel à fond.

Sur son clavier d’antan il compose des rimes
Chantant les coeurs blasés que leurs amours dépriment,
La communion pascale et le gigot d’agneau ;
Dans l’allée travaille un jardinier solognot.

Or, devant deux portraits de ma mère en enfance,
Et devant mon berceau chargé de souvenances,
Un diptyque envahit mon imagination.

Ah, ce frisson d’hiver refroidit mes passions,
Gretchen la pâle amie de mes jours bucoliques
D’hiver continental, presque mélancolique,
M’invite-t-elle en son sentimental jardin?

Une vierge, une rose y languit ce matin,
Chantée par l’organiste, au paradis éclose,
Où la Bénédictine un air nouveau compose.

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Déposé par Carla Olivier le 24 novembre 2019 à 21h34

En 1918, Robert de Roquebrune publie une importante etude dans laquelle il decrit Nelligan comme « une figure heroique et sacree », profondement moderne, et qui est par excellence « le poete de l’adolescence ». Le poete est assimile a « une figure d’archange » : « annonciateur de beaute, d’ordre et de joie, il se tient a la porte d’un paradis ». En meme temps, sa physionomie etait « predestinee au double vertige de l’art et de la folie » La figure de Nelligan prendra des lors de plus en plus d’ascendant, comme on peut le voir a travers les diverses editions du manuel d’histoire litteraire de Camille Roy

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