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Les Trophées

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Les Trophées, 1893


Andromède au monstre


 
La Vierge Céphéenne, hélas ! encor vivante,
Liée, échevelée, au roc des noirs îlots,
Se lamente en tordant avec de vains sanglots
Sa chair royale où court un frisson d’épouvante.
 
L’Océan monstrueux que la tempête évente
Crache à ses pieds glacés l’âcre bave des flots,
Et partout elle voit, à travers ses cils clos,
Bâiller la gueule glauque, innombrable et mouvante.
 
Tel qu’un éclat de foudre en un ciel sans éclair,
Tout à coup, retentit un hennissement clair.
Ses yeux s’ouvrent. L’horreur les emplit, et l’extase ;
 
Car elle a vu, d’un vol vertigineux et sûr,
Se cabrant sous le poids du fils de Zeus, Pégase
Allonger sur la mer sa grande ombre d’azur.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 16 février 2020 à 19h19

Monstre sympathique
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Ce monstre maîtrisant plusieurs langues vivantes
Aime se procurer des livres par kilos ;
On le voyait jadis boire un litre au goulot,
Ce fut pour ses amis un sujet d’épouvante.

Il était entouré d’une troupe savante
Qui de publications entretenait un flot ;
Mais il n’en fait plus rien, cet épisode est clos,
Il produit à présent des rimes émouvantes.

Pour calmer sa fringale il déguste un éclair,
Puis il ouvre sa porte, il sort pour prendre l’air
Sous le grand firmament que le soleil embrase.

Son style est régulier, vertigineux et sûr,
Il semble voyager en chevauchant Pégase
Et tremper son pinceau dans le fond de l’azur.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 13 mai 2020 à 12h15

Monstre bicéphale
---------------

Il répand la terreur, il sème l’épouvante,
Sur sa route nocturne il avance au galop ;
Il dit qu’il peut briser les murs de Saint-Malo,
Cela me fait frémir, mais je crois qu’il se vante.

Spinoza lui consacre une étude savante
Ornée d’un frontispice et de plusieurs tableaux ;
Pline l’a vu plonger au plus profond des flots,
Entouré de tritons et de formes mouvantes.

Son quadruple regard peut lancer des éclairs,
Chose qui terrifie les habitants de l’air ;
Malheur au passereau que cette foudre embrase.

Nous n’en  ferons jamais un serviteur, c’est sûr,
Ni un fier destrier comme le fut Pégase ;
Solitaire, il parcourt les chemins de l’azur.

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