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Les Trophées

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Les Trophées, 1893


Après Cannes


 
Un des consuls tué, l’autre fuit vers Linterne
Ou Venuse. L’Aufide a débordé, trop plein
De morts et d’armes. La foudre au Capitolin
Tombe, le bronze sue et le ciel rouge est terne.
 
En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne
Et consulté deux fois l’oracle sibyllin ;
D’un long sanglot l’aïeul, la veuve, l’orphelin
Emplissent Rome en deuil que la terreur consterne.
 
Et chaque soir la foule allait aux aqueducs,
Plèbe, esclaves, enfants, femmes, vieillards caducs
Et tout ce que vomit Subure et l’ergastule ;
 
Tous anxieux de voir surgir, au dos vermeil
Des monts Sabins où luit l’œil sanglant du soleil,
Le Chef borgne monté sur l’éléphant Gétule.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 13 janvier 2022 à 19h04


Sur son âne
----------------

La grâce l’illumine ainsi qu’une lanterne,
La gloire aux lèvres d’or lui prête son tremplin.                
Sur son âne monté, au cœur du patelin,
Il entre comme un Christ, empruntant la poterne.
 
L’ardente multitude à ses pieds se prosterne,        
Scribes et porteurs d’eau, ribaudes, margoulins,
Vêtus de peaux de rats, de flanelle ou de lin,
Pontifes imposants et veules subalternes.

Comme, au fond des forêts, le farouche grand-duc,
Lui, voyant sangloter d’extase ces trouducs,
Écarquille, ahuri, son regard incrédule.

Mais le froid du matin lui pince les orteils :
Et, flottant par-dessus les brumes du sommeil,
Monte un vague regret dans l’orbite à Dudule.

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Déposé par Cochonfucius le 1er février 2024 à 12h04

Le canard du Duc
-----------------

Malgré mon plumage bien terne,
Je ne suis pas sur le déclin ;          
Je suis vif et je suis malin,
Ma cervelle n’est pas en berne.

Nul devant moi ne se prosterne,        
Pas même l’humble pangolin ;
Mais j’ai mon portrait sur vélin
Dans une royale taverne.

J’appartiens à Monsieur le Duc,
Maître de l’Ordre de saint Luc,
Qui du Pape embrassa la mule.

Bien plus noble que mes pareils,
Je resplendis, tel un soleil
Qui jamais ne se dissimule.

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Déposé par Cochonfucius le 2 février 2024 à 17h57

Cannes

Abysses

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