Heredia

(1842-1905)

Les Trophées

(1893)

La Grèce et la Sicile +
Rome et les Barbares +
Le Moyen-Âge et la Renaissance +
L’Orient et les Tropiques ×
La Nature et le Rêve +
Romancero +
Les Conquérants de l’or +
 

Heredia

Les Trophées, 1893


Le Daïmio


 
Sous le noir fouet de guerre à quadruple pompon,
L’étalon belliqueux en hennissant se cabre
Et fait bruire, avec des cliquetis de sabre,
La cuirasse de bronze aux lames du jupon.
 
Le Chef vêtu d’airain, de laque et de crépon,
Ôtant le masque à poils de son visage glabre,
Regarde le volcan sur un ciel de cinabre
Dresser la neige où rit l’aurore du Nippon.
 
Mais il a vu, vers l’Est éclaboussé d’or, l’astre,
Glorieux d’éclairer ce matin de désastre,
Poindre, orbe éblouissant, au-dessus de la mer ;
 
Et, pour couvrir ses yeux dont pas un cil ne bouge,
Il ouvre d’un seul coup son éventail de fer
Où dans le satin blanc se lève un Soleil rouge.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 30 octobre 2017 à 12h50

Inconnu comme le loup bleu
-----------------------------------

Il n’est point un goupil dérobeur de chapons,
Ni, sur la vaste lande, un âne qui se cabre ;
Et ce n’est pas non plus un tigre à dents de sabre,
Moins encore un gorille amateur de jupons.

Ce n’est pas un dragon de laque et de crépon,
Pas plus qu’un singe orné de rouges fesses glabres ;
C’est le loup qui, jadis, dévorant du cinabre,
Donnait la répartie au blaireau du Japon.

Mais tel fut son destin, défini par les astres :
À l’abri du bonheur, à l’abri du désastre,
Jamais il ne sera un fameux loup de mer ;

Me fixant de ses yeux dont pas un cil ne bouge,
Il s’accroupit soudain sur ses jarrets de fer,
Pendant qu’à l’horizon se lève un soleil rouge.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 18 décembre 2019 à 12h09

Ambiloup
--------

C’est un brave animal, ce n’est pas un fripon ;
Jamais il ne rugit, jamais il ne se cabre ;
Si tu le vois passer, ne brandis pas ton sabre,
Mais tu peux lui offrir des cuisses de chapon.

Nous avons découpé son profil en crépon,
Cela pour décorer la salle des palabres ;
Il est couleur d’azur et couleur de cinabre,
Le cadre qui l’abrite est en bois du Japon.

Je vois déambuler l’ambiloup sous les astres,
Je sais que sa présence éloigne les désastres;
Et nous ne serons point engloutis sous la mer.

Il est beau quand il dort, il est beau quand il bouge,
Il peut mordre la lune, il peut manger du fer,
Jadis il fut copain du fier Rackham le Rouge.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 mars 2020 à 12h29

Loup des deux rives
-----------

Ce prédateur habite auprès d’un très vieux pont
Qui fut cher à nos coeurs et pourtant se délabre ;
Sur les deux rives sont des marchands de cinabre
Chantant des airs auxquels un clair écho répond.

Ce vieux mâle n’est pas un coureur de jupons,
Par ailleurs il se tient à l’écart des palabres ;
Il ne redoute point le soldat ni son sabre,
Malgré la longue lame en acier du Japon.

Il écoute le vent et consulte les astres,
Puis il lit des écrits de Geneviève Pastre,
Cela le rafraîchit autant qu’un bain de mer.

Il ne travaille point et rarement il bouge,
Il est indifférent, mais il n’est pas amer,
Il savoure le soir un verre de vin rouge.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «J’ассоmpаrе аu Sоlеil сеs bеаuх sоlеils d’Αmоur...»

Hаbеrt : «À l’оmbrе dеs mуrtеs vеrts...»

Μаrоt : Du соntеnt еn аmоurs

Μаrbеuf : Lе Sеin d’Αmаrаnthе

Rоnsаrd : «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...»

Rоnsаrd : «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...»

Sсudérу : Lа Νуmphе еndоrmiе

Durаnt dе lа Βеrgеriе : «Βеаuх уеuх dоnt lа dоuсеur si dоuсеmеnt m’еnivrе...»

Durаnt dе lа Βеrgеriе : Сhаnsоn : «Rоsinе, si tоn âmе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Sаint-Ρоl-Rоuх : L’Épоuvаntаil

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «Viеns, mа bеllе Flоrеllе, оù l’оmbrе nоir trеmblоtе...»

Riсtus : Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...»

Hugо : Се qui sе pаssаit аuх Fеuillаntinеs vеrs 1813

Саrсо : Vеrlаiniеn

Rоnsаrd : «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...»

Silvеstrе : Sur un аlbum

Ρоnсhоn : Lе Gigоt

Lоrrаin : Lе Jеunе Hоmmе еt lа Μоrt

Cоmmеntaires récеnts

De Сurаrе- sur Sur un Μаrbrе brisé (Hеrеdiа)

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt dе lа lаnguе (Νоuvеаu)

De Gаrdеur dе саnаrds sur Ρаul Sсаrrоn

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt : «Sur lеs bоis оubliés quаnd pаssе l’hivеr sоmbrе...» (Μаllаrmé)

De Сосhоnfuсius sur «Ô musе inсоrrigiblе, оù fаut-il quе tu аillеs !...» (Rоllinаt)

De Vinсеnt sur «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...» (Rоnsаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...» (Riсtus)

De Сurаrе- sur Lе Sеin d’Αmаrаnthе (Μаrbеuf)

De Jеhаn sur «Lоrsquе l’еnfаnt pаrаît...» (Hugо)

De V. Hugо sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Snоwmаn sur Βаllаdе dеs сélébrités du tеmps јаdis (Βаnvillе)

De Εsprit dе сеllе sur Sœur équivоquе (Sеgаlеn)

De Сhristiаn sur L’ânе étаit pеtit (Jаmmеs)

De Сhristiаn sur Rimbаud

De Gаrdiеn dеs оiеs sur Μоn tеstаmеnt (Ρirоn)

De Εsprit dе сеllе sur Μаriа Gаrсiа (Βаnvillе)

De mаuguеg sur «Ιl plеut sur lа mеr, lеntеmеnt...» (Hаrаuсоurt)

De ΜаdаmеСоnnаssе sur «Соmbiеn quе tоn Μаgnу аit lа plumе si bоnnе...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur Féеriе (Vаlérу)

De Vinсеnt sur «Dе vоtrе Diаnеt (dе vоtrе nоm ј’аppеllе...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur Jаsоn еt Μédéе (Hеrеdiа)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе