Heredia

(1842-1905)

Les Trophées

(1893)

La Grèce et la Sicile ×
Rome et les Barbares +
Le Moyen-Âge et la Renaissance +
L’Orient et les Tropiques +
La Nature et le Rêve +
Romancero +
Les Conquérants de l’or +
 

Heredia

Les Trophées, 1893


Sphinx


 
Au flanc du Cithéron, sous la ronce enfoui,
Le roc s’ouvre, repaire où resplendit au centre
Par l’éclat des yeux d’or, de la gorge et du ventre,
La Vierge aux ailes d’aigle et dont nul n’a joui.
 
Et l’Homme s’arrêta sur le seuil, ébloui.
— Quelle est l’ombre qui rend plus sombre encor mon antre ?
— L’Amour. — Es-tu le Dieu ? — Je suis le Héros. — Entre ;
Mais tu cherches la mort. L’oses-tu braver ? — Oui.
 
Bellérophon dompta la Chimère farouche.
— N’approche pas. — Ma lèvre a fait frémir ta bouche...
— Viens donc ! Entre mes bras tes os vont se briser ;
 
Mes ongles dans ta chair... — Qu’importe le supplice,
Si j’ai conquis la gloire et ravi le baiser ?
— Tu triomphes en vain, car tu meurs. — Ô délice !...
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 28 mars 2014 à 11h01

Le sphinx et le charpentier
---------------------------------

Le fils du charpentier se retire au désert.
En quelques jours de marche, il en atteint le centre
Sans s’accorder de pause et sans charger son ventre.
Un vautour trace haut son cercle dans les airs.

Au bas d’une falaise, un passage entrouvert :
De vieux textes ont dit qu’il débouche sur l’antre
Du sphinx, en précisant : « Surtout, que nul n’y entre
Car l’occupant des lieux est franchement pervers. »

Le fils du charpentier, à cet être farouche,
S’est permis d’apporter des provisions de bouche :
Il a rompu le pain face au monstre écumant.

« Crois-tu qu’un tel présent t’épargne le supplice ?
As-tu, pour te défendre, un quelconque instrument ? »
« Ne t’en fais pas pour moi, cousin, j’ai mon calice. »

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 juillet 2020 à 12h45

Antisphinx d’azur
-------------------

C’est l’antisphinx d’azur, un monstre qui m’inspire.
Il transforme en sonnets ce que nous lui disons,
Il répond au courrier, il garde la maison,
Il accueille en son coeur le meilleur et le pire.

Il fut divinisé dans les anciens empires,
Mais cette adoration lui parut un poison ;
Il lui a préféré la tendre floraison
Des jardins où, jadis, les muses s’assoupirent.

Il n’est pas alarmiste, il n’est pas tourmenté,
Cet animal jamais ne va se lamenter :
Il sait que toute vie inflige des blessures

Et que, bien durement, on en souffre parfois,
Mais il peut, quant à lui, porter ces meurtrissures
Sans même avoir l’idée de s’en mordre les doigts.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 juillet 2020 à 13h33

Triptère acéphale
-----------

Il cogite sans tête et sans bouche il soupire,
Son esprit suit sa loi, son coeur a ses raisons;
Il n’a point de famille, il n’a point de maison,
Et répète souvent «Ça pourrait être pire».

Il n’a jamais été serviteur de l’Empire,
Car un bureau pour lui serait une prison;
Jamais il n’a connu la vie de garnison,
Toujours, en un tel cas, ses pareils déguerpirent.

Aucun obscur démon ne le vient tourmenter,
Sa muse nullement ne va se lamenter;
Son âme toujours suit la voie dont elle est sûre.

Les livres sur sa table, il les relit parfois,
Puis il écrit aussi, sans craindre la censure,
Il doit un jour périr, mais nul ne sait de quoi.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «J’ассоmpаrе аu Sоlеil сеs bеаuх sоlеils d’Αmоur...»

Hаbеrt : «À l’оmbrе dеs mуrtеs vеrts...»

Μаrоt : Du соntеnt еn аmоurs

Μаrbеuf : Lе Sеin d’Αmаrаnthе

Rоnsаrd : «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...»

Rоnsаrd : «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...»

Sсudérу : Lа Νуmphе еndоrmiе

Durаnt dе lа Βеrgеriе : «Βеаuх уеuх dоnt lа dоuсеur si dоuсеmеnt m’еnivrе...»

Durаnt dе lа Βеrgеriе : Сhаnsоn : «Rоsinе, si tоn âmе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Сhéniеr : «Étrаngеr, се tаurеаu, qu’аu sеin dеs mеrs prоfоndеs...»

Sаint-Ρоl-Rоuх : L’Épоuvаntаil

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «Viеns, mа bеllе Flоrеllе, оù l’оmbrе nоir trеmblоtе...»

Riсtus : Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...»

Hugо : Се qui sе pаssаit аuх Fеuillаntinеs vеrs 1813

Саrсо : Vеrlаiniеn

Rоnsаrd : «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...»

Silvеstrе : Sur un аlbum

Ρоnсhоn : Lе Gigоt

Cоmmеntaires récеnts

De Μо sur Sur un Μаrbrе brisé (Hеrеdiа)

De Αdа еn Hérаldiе sur Sоnnеt dе lа lаnguе (Νоuvеаu)

De Сосhоnfuсius sur Μusulmаnеs (Νоuvеаu)

De Gаrdеur dе саnаrds sur Ρаul Sсаrrоn

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt : «Sur lеs bоis оubliés quаnd pаssе l’hivеr sоmbrе...» (Μаllаrmé)

De Сосhоnfuсius sur «Ô musе inсоrrigiblе, оù fаut-il quе tu аillеs !...» (Rоllinаt)

De Vinсеnt sur «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...» (Rоnsаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...» (Riсtus)

De Сurаrе- sur Lе Sеin d’Αmаrаnthе (Μаrbеuf)

De Сurаrе- sur «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...» (Rоnsаrd)

De Jеhаn sur «Lоrsquе l’еnfаnt pаrаît...» (Hugо)

De V. Hugо sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Snоwmаn sur Βаllаdе dеs сélébrités du tеmps јаdis (Βаnvillе)

De Εsprit dе сеllе sur Sœur équivоquе (Sеgаlеn)

De Сhristiаn sur L’ânе étаit pеtit (Jаmmеs)

De Сhristiаn sur Rimbаud

De Gаrdiеn dеs оiеs sur Μоn tеstаmеnt (Ρirоn)

De Εsprit dе сеllе sur Μаriа Gаrсiа (Βаnvillе)

De mаuguеg sur «Ιl plеut sur lа mеr, lеntеmеnt...» (Hаrаuсоurt)

De ΜаdаmеСоnnаssе sur «Соmbiеn quе tоn Μаgnу аit lа plumе si bоnnе...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur Féеriе (Vаlérу)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе