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Les Trophées, 1893


Sur l’Othrys


 
L’air fraîchit. Le soleil plonge au ciel radieux.
Le bétail ne craint plus le taon ni le bupreste.
Aux pentes de l’Othrys l’ombre est plus longue. Reste,
Reste avec moi, cher hôte envoyé par les Dieux.
 
Tandis que tu boiras un lait fumant, tes yeux
Contempleront du seuil de ma cabane agreste,
Des cimes de l’Olympe aux neiges du Thymphreste,
La riche Thessalie et les monts glorieux.
 
Vois la mer et l’Eubée et, rouge au crépuscule,
Le Callidrome sombre et l’OEta dont Hercule
Fit son bûcher suprême et son premier autel
 
Et là-bas, à travers la lumineuse gaze,
Le Parnasse où, le soir, las d’un vol immortel,
Se pose, et d’où s’envole, à l’aurore, Pégase !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 25 avril 2014 à 11h36

Aérien palefroi
------------------

Pégase prend son vol avec un air joyeux,
Il suit le droit chemin, sans qu’on ne l’admoneste,
Fier palefroi qui va par les routes célestes.
Je ne sais plus si c’est un cheval, ou un dieu.

L’éclat de l’Univers, reflété dans ses yeux,
En toute majesté se montre et manifeste ;
Rencontrant Jupiter, il incline, modeste,
Sa crinière aux reflets éclatants et soyeux.

Les chemins du  cosmos n’ont point de crépuscule ;
La foule des vivants jamais ne s’y bouscule,
Car ils sont réservés aux êtres immortels.

Loin, sur une planète aux lunes de topaze,
Des chevaux à Pégase ont dressé un autel
Où l’attend son avoine, en un immense vase.

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