Hugo

(1802-1885)

Les Contemplations (II)

(1856)

Livre quatrième. Pauca meæ ×
Livre cinquième. En marche +
Livre sixième. Au bord de l’infini +
 

Hugo

Les Contemplations (II), 1856


             
XII
À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt


 
La nuit était fort noire et la forêt très-sombre.
Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.
Nos chevaux galopaient. À la garde de Dieu !
Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres.
Les étoiles volaient dans les branches des arbres
            Comme un essaim d’oiseaux de feu.
 
Je suis plein de regrets. Brisé par la souffrance,
L’esprit profond d’Hermann est vide d’espérance.
Je suis plein de regrets. Ô mes amours, dormez !
Or, tout en traversant ces solitudes vertes,
Hermann me dit : « Je songe aux tombes entrouvertes ! »
Et je lui dis : « Je pense aux tombeaux refermés ! »
 
Lui regarde en avant : je regarde en arrière.
Nos chevaux galopaient à travers la clairière ;
Le vent nous apportait de lointains angelus ;
Il dit : « Je songe à ceux que l’existence afflige,
À ceux qui sont, à ceux qui vivent. — Moi, lui dis-je,
            Je pense à ceux qui ne sont plus ! »
 
Les fontaines chantaient. Que disaient les fontaines ?
Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes ?
Les buissons chuchotaient comme d’anciens amis.
Hermann me dit : « Jamais les vivants ne sommeillent.
En ce moment, des yeux pleurent, d’autres yeux veillent. »
Et je lui dis : « Hélas ! d’autres sont endormis ! »
 
Hermann reprit alors : « Le malheur, c’est la vie.
Les morts ne souffrent plus. Ils sont heureux ! J’envie
Leur fosse où l’herbe pousse, où s’effeuillent les bois.
Car la nuit les caresse avec ses douces flammes ;
Car le ciel rayonnant calme toutes les âmes
            Dans tous les tombeaux à la fois ! »
 
Et je lui dis : « Tais-toi ! respect au noir mystère !
Les morts gisent couchés sous nos pieds dans la terre.
Les morts, ce sont les cœurs qui t’aimaient autrefois !
C’est ton ange expiré ! c’est ton père et ta mère !
Ne les attristons pas par l’ironie amère.
Comme à travers un rêve, ils entendent nos voix. »
 

Octobre 1853.

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Rоnsаrd : «Jе sеns unе dоuсеur à соntеr impоssiblе...»

Rоnsаrd : «Yеuх, qui vеrsеz еn l’âmе, аinsi quе dеuх Ρlаnètеs...»

Lа Villе dе Μirmоnt : «Ρаr un sоir dе brоuillаrd, еn un fаubоurg du nоrd...»

Vеrhаеrеn : Lе Fléаu

Βоissiеr : «Jе suis lе fоu du rоi, lе fоu соstumé d’оr...»

Hеrеdiа : Lе Huсhiеr dе Νаzаrеth

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «J’ассоmpаrе аu Sоlеil сеs bеаuх sоlеils d’Αmоur...»

Hаbеrt : «À l’оmbrе dеs mуrtеs vеrts...»

Μаrоt : Du соntеnt еn аmоurs

☆ ☆ ☆ ☆

Jаmmеs : Ιl у а un pеtit соrdоnniеr

Vеrlаinе : Саpriсе

Βоurgеt : Βеаu Sоir

Rimbаud

Rоnsаrd : «Dе Μуrtе еt dе Lаuriеr fеuillе à fеuillе еnsеrrés...»

Νоuvеаu : Lеs Μаlсhаnсеuх

Соppéе : Αu bоrd dе lа Μаrnе

Βаnvillе : Βаllаdе dеs Ρеndus

Viviеn : Lосustа

Βаudеlаirе : Саusеriе

Cоmmеntaires récеnts

De Αdа еn Hérаldiе sur «Dе Μуrtе еt dе Lаuriеr fеuillе à fеuillе еnsеrrés...» (Rоnsаrd)

De Сосhоnfuсius sur Lа Саpitаlе (Gilkin)

De Αdа еn Hérаldiе sur «J’ассоmpаrе аu Sоlеil сеs bеаuх sоlеils d’Αmоur...» (Hаbеrt)

De Vinсеnt sur Dеvаnt dеuх pоrtrаits dе mа mèrе (Νеlligаn)

De Αdа еn Hérаldiе sur Εхtаsе du sоir (Rоllinаt)

De Сurаrе- sur Lе Сосhоn (Rеnаrd)

De Gаrdiеn dеs саnаrds sur L’Εspоir еn Diеu (Μussеt)

De Αdа sur Sur un Μаrbrе brisé (Hеrеdiа)

De Αdа sur «J’аi сеttе nuit gоûté lеs plus dоuсеs dоuсеurs...» (Hаbеrt)

De Сосhоnfuсius sur Lе Huсhiеr dе Νаzаrеth (Hеrеdiа)

De Сосhоnfuсius sur Lе Flаmbеаu vivаnt (Βаudеlаirе)

De Gаrdеur dе саnаrds sur Ρаul Sсаrrоn

De Vinсеnt sur «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...» (Rоnsаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...» (Riсtus)

De Сurаrе- sur Lе Sеin d’Αmаrаnthе (Μаrbеuf)

De Jеhаn sur «Lоrsquе l’еnfаnt pаrаît...» (Hugо)

De V. Hugо sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Snоwmаn sur Βаllаdе dеs сélébrités du tеmps јаdis (Βаnvillе)

De Εsprit dе сеllе sur Sœur équivоquе (Sеgаlеn)

De Сhristiаn sur L’ânе étаit pеtit (Jаmmеs)

De Сhristiаn sur Rimbаud

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе