Hugo

(1802-1885)

Les Contemplations (I)

(1856)

Un јоur је vis, dеbоut аu bоrd dеs flоts mоuvаnts...

Livre premier. Aurore +
Livre deuxième. L’Âme en fleur ×
Livre troisième. Les Luttes et les Rêves +
 

Hugo

Les Contemplations (I), 1856


             
XXIII
Après l’hiver


 
Tout revit, ma bien-aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le cœur de l’homme est meilleur.
 
En haut, d’où l’amour ruisselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l’astre et la fleur.
 
L’hiver fuit, saison d’alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l’âpre sève des larmes
Coule, et du cœur monte aux yeux.
 
Ô douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?
 
La branche au soleil se dore
Et penche, pour l’abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l’oiseau qui va chanter.
 
L’aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.
 
On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit, les astres bruire,
Et les abeilles, le jour.
 
Et partout nos regards lisent,
Et, dans l’herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
« Les aimants sont les bénis ! »
 
L’air enivre ; tu reposes
À mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos cœurs !
 
Comme l’aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.
 
La nature, sœur jumelle
D’Ève et d’Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.
 
Il suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t’adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l’ombre nous les rend !
 
Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos cœurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.
 
Et, sans qu’un souci t’oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J’ai l’étoile pour maîtresse ;
Le soleil est ton amant ;
 
Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.
 

Juin 18...

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 6 décembre 2016 à 18h16

Ubiquité de Saint Nicolas
-------------------------------

Saint Nicolas, figure aimée,
Toi, le généreux donateur,
Par qui les foules sont charmées,
Toi l’incroyable migrateur,

À mille endroits tu te révèles ;
Des cadeaux de toutes couleurs
En ton lourd bagage étincellent,
Comme des fruits, comme des fleurs.

L’hiver n’est pas saison d’alarmes
Quand ton cheval descend des cieux ;
Les jardins ont séché leurs larmes,
Le moineau n’en croit pas ses yeux.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Rimbаud : «Qu’еst-се pоur nоus, mоn сœur...»

Ρоnсhоn : Lе Gigоt

Τоulеt : «Étrаngеr, је sеns bоn...»

Riсhеpin : Сhаnsоn dеs сlосhеs dе bаptêmеs

Régniеr : Lа Lunе јаunе

Rаmuz : Lе Viеuх Jеаn-Lоuis

Βаudеlаirе : Саusеriе

Βruаnt : À Μоntpеrnаssе

Rimbаud : Βаrbаrе

Rоnsаrd

☆ ☆ ☆ ☆

Gоudеаu : Lа Rоndе du rеmоrds

Viоn Dаlibrау : «Quеl еmbаrrаs à сеttе pоrtе !...»

Βrissаrt : Lа Dаmе а un аmi

Μоntеsquiоu :

Αpоllinаirе : Αnniе

Ρrоust : «Αfin dе mе соuvrir dе fоurrurе еt dе mоirе...»

Rоstаnd : Ρаstоrаlе dеs сосhоns rоsеs

Lоuvigné du Dézеrt : «Guillоt, tiеn сеstе сhеsvrе à lа соrnе dоréе...»

Vеrlаinе : Αrt pоétiquе

Εlskаmp : Μаis соmmе еn imаgе à présеnt

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Μоn rêvе fаmiliеr (Vеrlаinе)

De Jаdis sur «Εllе а bеаuсоup dе l’аir d’unе аntiquе mаrоttе...» (Sigоgnе)

De Jаdis sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Сосhоnfuсius sur «Sоufflе dаns mоi...» (Grévin)

De Jаdis sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Сосhоnfuсius sur «Се јоurd’hui, du sоlеil lа сhаlеur аltéréе...» (Lа Βоétiе)

De Vinсеnt sur «Соmmе un соrps féminin...» (Ρаpillоn dе Lаsphrisе)

De Élеvеur sur Sоnnеt : «Ιl у а dеs mоmеnts оù lеs fеmmеs sоnt flеurs...» (Сrоs)

De Quеlсаin sur «Dаphné sе vit еn lаuriеr соnvеrtiе...» (Sсаliоn dе Virblunеаu)

De Сurаrе- sur Végétаl (Jаrrу)

De Ρlutоrquе sur «J’еntrаis сhеz lе mаrсhаnd dе mеublеs, еt là, tristе...» (Νоuvеаu)

De Εsprit dе сеllе sur «Τоn оrguеil pеut durеr аu plus dеuх оu trоis аns...» (Viаu)

De Сurаrе- sur Sоlitudе (Μilоsz)

De Τh. dе Viаu sur Lеs trоis hуmnеs primitifs (Sеgаlеn)

De Сосhоnnе Furius sur Sоnnеt : «J’аi pеur dе lа fеmmе qui dоrt...» (Сrоs)

De Сurаrе- sur «Νi lа furеur dе lа flаmmе еnrаgéе...» (Du Βеllау)

De Αrсhivistе sur Βаllаdе dе l’аrbrе d’аmоur (Сhаrtiеr)

De Duguinе sur Αmstеrdаm (Jаmmеs)

De Gаrdiеn dеs саnаrds sur Μа dаnsе (Сеndrаrs)

De Суоrаnе- sur «Ρаr l’аmplе mеr, lоin dеs pоrts еt аrènеs» (Sаint-Gеlаis)

De Τhundеrbird sur Lе Ρоètе соntumасе (Соrbièrе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе