Hugo

(1802-1885)

Les Contemplations (I)

(1856)

Un јоur је vis, dеbоut аu bоrd dеs flоts mоuvаnts...

Livre premier. Aurore +
Livre deuxième. L’Âme en fleur ×
Livre troisième. Les Luttes et les Rêves +
 

Hugo

Les Contemplations (I), 1856


             
VI
Lettre


 
Tu vois cela d’ici. Des ocres et des craies ;
Plaines où les sillons croisent leurs mille raies,
Chaumes à fleur de terre et que masque un buisson ;
Quelques meules de foin debout sur le gazon ;
De vieux toits enfumant le paysage bistre ;
Un fleuve qui n’est pas le Gange ou le Caystre,
Pauvre cours d’eau normand troublé de sels marins ;
À droite, vers le nord, de bizarres terrains
Pleins d’angles qu’on dirait façonnés à la pelle ;
Voilà les premiers plans ; une ancienne chapelle
Y mêle son aiguille, et range à ses côtés
Quelques ormes tortus, aux profils irrités,
Qui semblent, fatigués du zéphyr qui s’en joue,
Faire une remontrance au vent qui les secoue.
Une grosse charrette, au coin de ma maison,
Se rouille ; et, devant moi, j’ai le vaste horizon,
Dont la mer bleue emplit toutes les échancrures ;
Des poules et des coqs, étalant leurs dorures,
Causent sous ma fenêtre, et les greniers des toits
Me jettent, par instants, des chansons en patois.
Dans mon allée habite un cordier patriarche,
Vieux qui fait bruyamment tourner sa roue, et marche
À reculons, son chanvre autour des reins tordu.
J’aime ces flots où court le grand vent éperdu ;
Les champs à promener tout le jour me convient ;
Les petits villageois, leur livre en main, m’envient,
Chez le maître d’école où je me suis logé,
Comme un grand écolier abusant d’un congé.
Le ciel rit, l’air est pur ; tout le jour, chez mon hôte,
C’est un doux bruit d’enfants épelant à voix haute ;
L’eau coule, un verdier passe ; et, moi, je dis : Merci !
Merci, Dieu tout-puissant ! — Ainsi je vis ; ainsi,
Paisible, heure par heure, à petit bruit, j’épanche
Mes jours, tout en songeant à vous, ma beauté blanche !
J’écoute les enfants jaser, et, par moment,
Je vois en pleine mer, passer superbement,
Au-dessus des pignons du tranquille village,
Quelque navire ailé qui fait un long voyage,
Et fuit, sur l’Océan, par tous les vents traqué,
Qui, naguère, dormait au port, le long du quai,
Et que n’ont retenu, loin des vagues jalouses,
Ni les pleurs des parents, ni l’effroi des épouses,
Ni le sombre reflet des écueils dans les eaux,
Ni l’importunité des sinistres oiseaux.
 

Près le Tréport, juin 18...

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τhаlу : L’Îlе lоintаinе

Lоrrаin : Déсаdеnсе

Βаudеlаirе : Саusеriе

Lоrrаin : Lа Μоrt dеs lуs

Сrоs : Αu саfé

Сrоs : À unе сhаttе

Rоllinаt : Lа Dаmе еn сirе

Vеrlаinе : Сlаir dе lunе

Silvеstrе : Lе Ρlus Dоuх Сhеmin

Dеsbоrdеs-Vаlmоrе : Lеs Sépаrés

☆ ☆ ☆ ☆

Lоuvеnсоurt : «Lеs fеmmеs еt lа mеr n’оnt riеn dе dissеmblаblе...»

Viviеn : Lеs Lèvrеs pаrеillеs

Spоndе : «Qui sоnt, qui sоnt сеuх-là, dоnt lе сœur idоlâtrе...»

Gаutiеr : «Dаns un bаisеr, l’оndе аu rivаgе...»

Lоrrаin : Μiss Μisеr

Hugо : Сhаnsоn еn саnоt

Viаu : «Τоut у сhеvаuсhе, tоut у fоut...»

Соppéе : «Αuprès dе Sаint-Sulpiсе, un spесtасlе оdiеuх...»

Hugо : Ρrès d’Αvrаnсhеs

Klingsоr : L’Αubеrgе

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Hеurеuх, lоin dе Ρаris, d’еrrеr еn се dоuх liеu...» (Sаintе-Βеuvе)

De Jаdis sur Εn fасе dе lа pièсе d’еаu (Sаintе-Βеuvе)

De Αdа еn Hérаldiе sur Sоnnеt : «Τristе, lоin dе l’Αmiе, еt quаnd l’été déсlinе...» (Sаintе-Βеuvе)

De Сосhоnfuсius sur «Lе Βаbуlоniеn sеs hаuts murs vаntеrа...» (Du Βеllау)

De Сосhоnfuсius sur Rеtrаitе (Sаmаin)

De Αdа еn Hérаldiе sur «Lеs fеmmеs еt lа mеr n’оnt riеn dе dissеmblаblе...» (Lоuvеnсоurt)

De Αdа еn Hérаldiе sur Lа Ρоrtе vitréе (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Jаdis sur Lеs Сhrуsаlidеs (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Сurаrе- sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De Jаdis sur Lе Сid (Fоurеst)

De Ρеrutz sur Lе Dеuil du mоulin (Соuté)

De Krоnеnbоurg sur «Εn un pеtit еsquif épеrdu, mаlhеurеuх...» (Αubigné)

De Ρоpаul ΙΙ sur Grееn (Vеrlаinе)

De Сurаrе- sur Lа Jumеnt Zizi (Rоllinаt)

De Сurаrе- sur «Lа mоrt а tоut mоn biеn еt mоn еspоir étеint...» (Αubin dе Μоrеllеs)

De Εsprit dе сеllе sur Lе Μаuvаis Jаrdiniеr (Gilkin)

De Vinсеnt sur «Dе Μуrtе еt dе Lаuriеr fеuillе à fеuillе еnsеrrés...» (Rоnsаrd)

De ΜаdаmеСоnnаssе sur «Jе sеns unе dоuсеur à соntеr impоssiblе...» (Rоnsаrd)

De Vinсеnt sur Dеvаnt dеuх pоrtrаits dе mа mèrе (Νеlligаn)

De Соrbеаu sur Lе Сосhоn (Rеnаrd)

De Gаrdiеn dеs саnаrds sur L’Εspоir еn Diеu (Μussеt)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе