Apollinaire


La Clef


 
Pour te guider ô toi que j’aime
Vois la veilleuse est allumée
Sont clos mes yeux tout pleins de gemmes
 
Ouvre tes yeux puisque tu m’aimes
Ouvre pour moi tes yeux fermés
 
Mets de l’huile dans la veilleuse
J’ai perdu la clef de mes yeux
Mes yeux aux pierres précieuses
Cherche la clef prends la veilleuse
 
J’emporte la veilleuse adieu
 
Oh je ne veux pas que tu sortes
L’automne est plein de mains coupées
Non non ce sont des feuilles mortes
Ce sont les mains de ceux qui sortent
 
Adieu je pars sommeille en paix
 
J’ai cherché longtemps sur les routes
Passant n’as-tu pas vu la clef
 
Rentre au logis la belle Écoute
Tant d’yeux sont clos au bord des routes
Le vent fait pleurer les saulaies
 
J’ai cherché longtemps par les villes
Où est la clef des yeux fermés
 
Des clefs J’en ai vu mille et mille
Reste avec moi dans notre ville
Tu ne la trouveras jamais
 
J’ai cueilli ce brin de bruyère
Mets-le sur ton cœur pour longtemps
Il me faut la clef des paupières
 
J’ai mis sur mon cœur les bruyères
Et souviens-toi que je t’attends
 
Je m’achemine vers la ville
Où rêve celui qui m’attend
Je viens à lui Mais m’attend-il
Voici les portes de la ville
Où j’ai laissé mon cœur d’antan
Ouvre si tu m’attends encore
C’est moi c’est moi ta bien-aimée
 
Ton amoureux hier est mort
 
Par pitié m’attend-il encore
 
Hélas j’ai vu ses yeux fermés
 
Toc Toc Il a fermé sa porte
Et ses yeux pleins de pierreries
Quel est donc ce mort qu’on emporte
 
Tu viens de toquer à sa porte
 
Et je suis veuve aux pieds meurtris
J’ai jeté la clef dans le lac
Soient toujours clos les yeux fermés
Je suis veuve le jour de Pâques
Des amants vont au bord du lac
Où je ne reviendrai jamais
La clef des yeux dans l’eau se rouille
Je la rapporterai demain
 
Mais les yeux que la mort verrouille
La Mort L’Amour La clef se rouille
La nuit descend dans les chemins
 
Au bord du lac sont les sandales
Et la veilleuse consumée
Sur la robe ont chu des pétales
Deux anneaux d’or près des sandales
Au soleil se sont allumés
 
Passèrent deux cueilleurs de roses
Vois-tu pas deux anneaux briller
 
Je vois des fleurs fraîches écloses
Je vois tes yeux je vois nos roses
 
Je vois deux anneaux d’or à tes pieds
 

Commentaire(s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τristаn L’Hеrmitе : Lе Ρrоmеnоir dеs dеuх аmаnts

Hеrеdiа

Νоdiеr : Lа Jеunе Fillе

Αubigné : «Αuprès dе се bеаu tеint, lе lуs еn nоir sе сhаngе...»

Αubigné : «Се dоuх hivеr...»

Jаmmеs : Lоrsquе је sеrаi mоrt

Βirаguе : «Ô сœur tristе еt pеnsif, qui еn si dur mаrtуrе...»

Νеlligаn : Lеs Αngéliquеs

Νеrvаl : Αvril

Rоdеnbасh : Соllègе аnсiеn

☆ ☆ ☆ ☆

Rоllinаt : Viеrgе dаmnéе

Αpоllinаirе : Сhаpеаu-tоmbеаu

Βаtаillе : Lеs Villаgеs

Οrléаns : «Jе mеurs dе sоif, еn сôté lа fоntаinе...»

Αpоllinаirе : «Μоn сhеr Ρаblо lа guеrrе durе...»

Dumеstrе : Lеs Ιnquiеts

Сrоs : Sоnnеt : «Βiеn quе Ρаrisiеnnе еn tоus pоints, vоus аvеz...»

Νuуsеmеnt : «Соmbiеn, соmbiеn dе fоis, аu sоir sоus lа nuit brunе...»

Rоllinаt : Lа Βuvеusе d’аbsinthе

Riсtus : Νосturnе

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Lеs Épiсеriеs (Μusеlli)

De Сосhоnfuсius sur Viеrgе dаmnéе (Rоllinаt)

De Сосhоnfuсius sur À Sаint-Сlоud (Lаfоrguе)

De Hаn Riсutе sur Соmplаintе аmоurеusе (Αllаis)

De Lе Gаrdiеn sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Сhristiаn sur Lе Μоnt dеs Οliviеrs (Vignу)

De Lе Gаrdiеn sur Μоrt d’un аutrе Juif (Μоrаnd)

De Εsprit dе сеllе sur Sоnnеt : «Ιgnоrаntе оu plutôt dédаignеusе dеs mаuх...» (Сrоs)

De Сhristiаn sur «Sасrés соtеаuх, еt vоus sаintеs ruinеs...» (Du Βеllау)

De Gеоrgеs sur Αdiеuх (Αpоllinаirе)

De Αrаmis sur Guitаrе : «Gаstibеlzа, l’hоmmе à lа саrаbinе...» (Hugо)

De Αrаmis sur Stаnсеs à Μаrquisе (Соrnеillе)

De piсh24 sur Ρhilis dаnsе lа Sаrаbаndе (Sсudérу)

De Rоlаnd Βасri sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Ρ10H24- sur Εllе еt lui (Αutrаn)

De Сurаrе- sur «Quаnd је vоudrаi sоnnеr dе mоn grаnd Αvаnsоn...» (Du Βеllау)

De Αrаmis sur «Quаnd mоn fil sе саssеrа sоus...» (Ρеllеrin)

De Αmаris- sur Sуmbоlе (Gilkin)

De Εsprit dе сеllе sur Sоnnеt mélаnсоliquе (Αdеlswärd-Fеrsеn)

De Сurаrе- sur Αprès lа bаtаillе (Hugо)

De Μilоu dе Βlаnquеfоrt sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе