Félix Arvers



Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
 
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
 
Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas ;
 
À l’austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 27 décembre 2013 à 16h55

La poésie ne craint l’ombre ni le mystère ;
Car tout ce qu’elle exprime est clairement conçu.
En dévoilant son âme elle arrive à se taire,
Elle ne cache rien, nous l’avons toujours su.

Poète, si tu crains de vivre inaperçu,
Si les imprécations d’un moine solitaire
Te semblent obscurcir le jour sur cette terre,
Ne t’inquiète donc point, ton texte est bien reçu.

Celle qui est pour toi la plus mignonne et tendre
Toujours éprouve un peu de plaisir à t’entendre
Et à fouler le sol où s’égarent tes pas ;

Toi, sur elle posant ton doux regard fidèle,
Tu ne cesseras point de marcher auprès d’elle ;
Que dirons-nous de plus ? Ton coeur ne s’en plaint pas.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Christian le 12 avril 2014 à 12h56

Le vrai poème est le mystère
qu’aucun aède ne conçut,
que tous se sont tués à taire
même, et qu’aucun licteur n’a su.

C’est l’émotion presque aperçue,
le recommandé solitaire
mandé par Dieu au prolétaire
et dont il signe le reçu.

Le vrai poème n’est pas tendre,
plutôt difficile à entendre,
et s’il chante il chante trop bas.

La mémoire est filtre infidèle,
le vrai poème se rit d’elle.
Quoi donc encor tu comprends pas ?

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jean Goudezki le 2 janvier 2017 à 10h05

Voir aussi

http://www.paradis-des-albatros.fr/?poeme=goudezki/sonnet-d-art-vert

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Roland Bacri le 15 mars 2019 à 18h36

Le garçonnet d’Arvers
----------

Mon homme a son secret, ma vie a son mister,
Un amour bienséant en un instant conçu.
Le mâle est sans espoir, aussi z’ai dû lui taire
Le goût qu’à son endroit... ze suis déçu déçu !

Hélas !  z’aurai passé cent fois inaperçu,
Cil battant et le vent en poupe pour Cythère.
Et z’aurai zusqu’au bout hésité sur la Terre
À lui offrir mon siège ou à m’asseoir dessus.

Pour lui, quoique le ciel l’ait fait blond, l’ait fait tendre,
Il ira son train-train, distrait, et sans attendre,
À l’autel de Vénus brûlera ses appas.

Et puis, c’est inouï, porté sur la femelle,
Dira, lisant ces vers que pour lui j’entremêle :
« Quel est donc cet infâme ? » et ne comprendra pas.

[Lien vers ce commentaire]

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