Aubigné



 
Barbares en effet, François de nom, François,
Vos fausses lois ont fait des faux et jeunes Rois,
Impuissants sur leurs cœurs, cruels en leur puissance,
Rebelles ils ont vu la désobéissance :
Dieu sur eux et par eux déploya son courroux,
N’ayant autres bourreaux de nous-mêmes que nous.
Les Rois, qui sont du peuple et les Rois et les pères,
Du troupeau domestiqu’ sont les loups sanguinaires ;
Ils sont l’ire allumée et les verges de Dieu,
La crainte des vivants ; ils succèdent au lieu
Des héritiers des morts ; ravisseurs de pucelles,
Adultères, souillant les couches des plus belles,
Des maris assommés ou bannis pour leur bien,
Ils courent sans repos, et quand ils n’ont plus rien
Pour fouler l’avarice, ils cherchent autre sorte
Qui contente l’esprit d’une ordure plus forte.
Les vieillards enrichis tremblent le long du jour,
Les femmes, les maris, privés de leur amour,
Par l’épais de la nuit se mettent à la fuite,
Les meurtriers soudoyés s’échauffent à la suite ;
L’homme est en proie à l’homme, un loup à son pareil ;
Le père étrangle au lit le fils, et le cercueil
Préparé par le fils sollicite le père ;
Le frère avant le temps hérite de son frère.
On trouve des moyens, des crimes tous nouveaux,
Des poisons inconnus ; ou les sanglants couteaux
Travaillent au midi, et le furieux vice
Et le meurtre public ont le nom de Justice.
Les bélîtres armés ont le gouvernement,
Le sac de nos cités : comme anciennement
Une croix Bourguignonne épouvantait nos pères,
Le blanc les fait trembler, et les tremblantes mères
Croulent à l’estomac leurs poupons éperdus
Quand les grondants tambours sont battants entendus.
Les places de repos sont places étrangères,
Les villes du milieu sont les villes frontières ;
Le village se garde, et nos propres maisons
Nous sont le plus souvent garnisons et prisons ;
L’honorable bourgeois, l’exemple de la ville,
Souffre devant ses yeux violer femme et fille,
Et tomber sans merci dans l’insolente main
Qui s’entendait naguère à mendier du pain.
Le sage justicier est traîné au supplice,
Le malfaiteur lui fait son procès ; l’injustice
Est principe de droit ; comme au monde à l’envers
Le vieil père est fouetté de son enfant pervers ;
Celui qui en la paix cachait son brigandage
De peur d’être puni, étale son pillage
Au son de la trompette, au plus fort des marchés
Son meurtre et son butin sont à l’encan prêchés
Si qu’au lieu de la roue, au lieu de la sentence,
La peine du forfait se change en récompense.
Ceux qui n’ont discerné les querelles des Grands
Au lit de leur repos tressaillent, entendants
En paisible minuit que la ville surprise
Ne leur permet sauver rien plus que la chemise :
Le soldat trouve encor quelque espèce de droit,
Et même, s’il pouvait, sa peine il lui vendrait.
 



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