Jean Antoine de Baïf



 
Afin que pour jamais une marque demeure,
À l’âge qui viendra, comme vôtre je suis,
Je vous fais vœu du peu, mais du tout que je puis,
De peur que la mémoire avec nous ne s’en meure.
 
Je vous donne de moi la part qui est meilleure :
C’est l’esprit et la voix, qui, menés et conduits
Sous le flambeau d’Amour, des éternelles nuits
Sauveront votre nom paravant que je meure.
 
Et, si assez à temps je n’ai pas commencé
De m’employer pour vous, puisque la destinée,
Qui vous cachait à moi, m’en a désavancé :
 
Je ferai, comme fait le dévot Pèlerin,
Qui s’étant levé tard, pour faire sa journée,
Regagne à se hâter le temps et le chemin.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 6 mai 2014 à 10h47

Verte saison
----------------

Chaque année, le printemps revient en ma demeure :
Il réconforte ainsi  le vieillard que je suis.
Ces mots le chanteront, autant que je le puis,
Célébrant la saison avant qu’elle ne meure.

Mais je ne dirai point quelle fleur est meilleure
En ce petit jardin, ni quel parmi les fruits
Mérite qu’on l’appelle un excellent produit :
Je dirai simplement le doux éclat des heures

Qui descendent ici, sonnées par le beffroi,
Chacune étant un pas des claires destinées ;
Puis comment, en ces jours où l’on oublie le froid,

Flottent un peu partout des parfums de jasmin ;
Enfin, cette lenteur que prennent les journées
Sur cette herbe qu’on peut traverser sans chemins.

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Déposé par Cochonfucius le 6 novembre 2018 à 14h24

Rêver d’une amazone
----------------

Amazone, où se trouve à présent ta demeure ?
Abandonnes-tu donc  le vieillard que je suis ?
À de telles questions, répondre je ne puis,
Mais je devrai le faire avant que je ne meure.

Quand tu m’accompagnais, ma vie était meilleure,
Et mon jardin donnait de plus excellents fruits ;
Plus beaux, parmi les chants, ceux qu’à deux l’on produit,
Plus capables aussi d’ensorceler nos heures.

Les  sombres carillons sonnent à mon beffroi,
Je songe à mon époque et à ma destinée ;
Je marche moins souvent, je crains un peu le froid.

Reviendront au printemps les parfums du jasmin
Et l’heureuse lenteur que prennent les journées,
Quand nous irons tous deux par les mêmes chemins.

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Déposé par Cochonfucius le 12 juillet 2019 à 12h24

Manoir de l’archiduc
-----------------

Vers ce palais de pierre, ancestrale demeure,
Sont tracés des sentiers que personne ne suit ;
Tout autour, le grand parc, le potager, le puits
Sont de spectres peuplés, et de rêves qui meurent.

Ces lieux, qui ont connu des époques meilleures,
Ont encore des fleurs, des feuilles et des fruits ;
Personne n’a besoin, d’ailleurs, de ces produits,
Personne en ce jardin ne voit passer les heures

Un grand donjon se dresse ainsi qu’un noir beffroi,
Les murs ont reflété de nobles destinées ;
Mais à l’heure où j’écris, ils dorment dans le froid.

Où est l’archiduchesse au parfum de jasmin ?
L’archiduc la regrette à longueur de journée,
Les derniers serviteurs s’en vont par les chemins.

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Déposé par Vincent le 23 juillet 2019 à 09h54

Main dans la main,

– Je suis seule chez moi et grande et ma demeure,
Quand j’invite un homme, jamais il ne me suis,
J’ai pensé à me pendre à la corde du puits,
Plutôt qu’attendre en vain, il vaut mieux que je meure.

– Avec quelques efforts, ta vie serait meilleure,
Tiens, vois par exemple comment tu te conduits
Tous les samedis soirs dans les boites de nuits ;
Un litre de Whisky et dès la première heure !

– Ah ! J’en était sûre, tu vas recommencer,
« Ma fille tu bois trop, penses à ta destinée… »
Mais j’ai faut une cure et rien a avancé.

Sa mère repartie, toque un beau pèlerin,
Dès le premier regard une passion est née,
Et c’est main dans la main qu’ils vont sur les chemins.

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