Du Bellay

Les Regrets, 1558



Ce brave qui se croit, pour un jaque de maille,
Être un second Roland, ce dissimulateur,
Qui superbe aux amis, aux ennemis flatteur,
Contrefait l’habile homme et ne dit rien qui vaille,
 
Belleau, ne le crois pas : et quoiqu’il se travaille
De se feindre hardi d’un visage menteur,
N’ajoute point de foi à son parler vanteur,
Car oncq homme vaillant je n’ai vu de sa taille.
 
Il ne parle jamais que des faveurs qu’il a :
Il dédaigne son maître, et courtise ceux-là
Qui ne font cas de lui : il brûle d’avarice :
 
Il fait du bon chrétien, et n’a ni foi ni loi :
Il fait de l’amoureux, mais c’est, comme je croi,
Pour couvrir le soupçon de quelque plus grand vice.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 10 juillet 2015 à 11h18

Univers lacunaire
---------------------

Ce monde est un filet auquel manquent des mailles ;
Une ébauche, une esquisse, un travail d’amateur,
Mais le barde aime ça, il en parle en flatteur,
Charmé par cette nef allant vaille que vaille.

À mesure qu’il lit, qu’il apprend, qu’il travaille,
Il admire un peu plus ce séjour enchanteur
Où le ciel estival se hâte avec lenteur,
Pendant que le rimeur activement rimaille.

Ce jardin est plaisant, mille bouddhas sont là,
Mettant à chaque instant les problèmes à plat,
Nous rendant chaque jour d’invisibles services.

Ou bien, qui le saura, c’est un monde sans loi,
Sans amour ni raison, sans jardin et sans croix,
Mais alors, nous verrons de l’humour dans ce vice.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 29 mars 2017 à 12h34

Taureau solitaire
------------------

Dans le temps où, du blé, ne reste que la paille,
L’homme ayant pris le grain dont il est amateur,
Ce taureau marche seul, loin des fermiers flatteurs,
Une étable de bois ne lui dit rien qui vaille.

On ne le prendra pas pour un boeuf qui travaille,
Car il sait cultiver des loisirs enchanteurs :
Contempler l’univers qui change avec lenteur,
Ou le barde des champs qui doctement rimaille.

La saison est clémente et les oiseaux sont là,
Aucun souffle de vent, c’est un vrai calme plat,
Cet animal perdu n’accomplit nul service.

Qu’importe que le monde ait l’air d’être sans loi,
Sans rime ni raison, sans église et sans croix,
Le taureau vit d’un rien, pauvreté n’est pas vice.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er décembre 2018 à 21h20

Lutin méditant
----------------

Lui qui se dissimule entre les brins de paille,
De ma sombre taverne il n’est pas amateur ;
Ce n’est pas un mondain, ce n’est pas un flatteur,
La longue beuverie ne lui dit rien qui vaille.

Il a bien du respect pour les gens qui travaillent,
Mais préfère, pour lui, le repos enchanteur :
Il médite à loisir, il pense avec lenteur,
Ce lutin bien discret qui platement rimaille.

Les arbres sont présents, les nuages sont là,
Et son intelligence est dans un calme plat,
Je ne pourrai jamais le mettre à mon service.

Ce lutin m’a bien l’air d’être un homme sans loi,
Lui qui connaît pourtant le jardin et la croix,
Lui qui s’abstient pourtant de la plupart des vices.

[Lien vers ce commentaire]

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