Du Bellay

Les Regrets, 1558



Quiconque, mon Bailleul, fait longuement séjour
Sous un ciel inconnu, et quiconques endure
D’aller de port en port cherchant son aventure,
Et peut vivre étranger dessous un autre jour :
 
Qui peut mettre en oubli de ses parents l’amour,
L’amour de sa maîtresse, et l’amour que nature
Nous fait porter au lieu de notre nourriture,
Et voyage toujours sans penser au retour :
 
Il est fils d’un rocher ou d’une ourse cruelle,
Et digne qui jadis ait sucé la mamelle
D’une tigre inhumaine : encor ne voit-on point
 
Que les fiers animaux en leurs forts ne retournent,
Et ceux qui parmi nous domestiques séjournent,
Toujours de la maison le doux désir les point.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 25 juillet 2015 à 11h21

Serpent qui plonge
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Le serpent d’argent plonge en infernal séjour
Dont la rouge chaleur patiemment il endure ;
Cela fait plusieurs fois qu’il court cette aventure,
Traversant l’inframonde, et revenant au jour.

Dans le sous-sol il va porter des mots d’amour,
Surprenant des démons l’ombrageuse nature ;
Puis il prend, parmi eux, un peu de nourriture
Et glisse, nonchalant, sur la voie du retour.

Porter de la douceur en la contrée cruelle,
Cette tâche, pour lui, devient habituelle ;
Il la reprend sans cesse, il ne s’en lasse point.

En descendant là-bas, c’est chez lui qu’il retourne ;
Il est frère de ceux qui toujours y séjournent,
Se souvenant qu’il fut, jadis, au même point.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 25 octobre 2017 à 21h48

Moine qui lit
-----------------

Le moine d’une bible enrichit son séjour,
Dont la tiède saveur patiemment il endure ;
Cela fait plusieurs fois qu’il fait cette lecture,
S’y plongeant chaque nuit, et parfois en plein jour.

Dans le sous-sol il va lire ces mots d’amour,
Des scribes découvrant l’ombrageuse nature ;
Il prend, dans sa  cellule, un peu de nourriture
Et glisse, nonchalant, au texte sans retour.

Car lire en une bible est chose assez cruelle ;
Cette tâche, pour lui, peut-être habituelle,
Il en emplit son coeur, il ne s’en lasse point.

En déchiffrant ces mots, c’est chez lui qu’il retourne ;
Il est cousin du dieu qui toujours y séjourne,
Pris dans chaque virgule, aussi, dans chaque point.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Christian le 26 octobre 2017 à 09h16

Moine qui lit - à moitié dans ton lit

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Déposé par Cochonfucius le 11 novembre 2018 à 14h05

L’Alpha ne voit pas l’Oméga.
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L’Alpha et l’Oméga ont-ils même séjour ?
Pour Teilhard de Chardin, c’est une conjecture ;
Je suis dubitatif lors de cette lecture,
Je crois qu’ils sont vraiment séparés, à ce jour.

Teilhard est optimiste, il croit au Dieu d’Amour,
Il peut ainsi donner du sens à la Nature ;
De la géologie faisant sa nourriture,
Il sait que les chemins du Temps sont sans retour.

Or, la Bible pour lui n’a pas été cruelle ;
Même si la douleur y est habituelle,
Ce récit l’édifie, et ne l’attriste point

Allant vers l’Oméga, c’est chez lui qu’il retourne ;
Désirant qu’avec lui ses frères y séjournent,
Mais pour eux, l’Oméga, c’est un vulgaire point.

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Déposé par Cochonfucius le 23 novembre 2018 à 12h25

Je suis l’Alpha et l’Oméga
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Je suis l’Alpha et l’Oméga
Et vous me connaissez, les gars :
Car je vous ai donné ce monde
Où vous avez fait vos dégâts.

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