Aloysius Bertrand

Gaspard de la nuit, 1842


Jean de Tilles


 

    C’est le tronc du vieux saule et ses rameaux penchants.
H. DE LATOUCHE. — Le Roi des Aulnes.

« Ma bague, ma bague ! » Et le cri de la lavandière effraya dans la souche d’un saule, un rat qui filait sa quenouille.

 

Encore un tour de Jean des Tilles, l’ondin malicieux et espiègle qui ruisselle, se plaint et rit sous les coups redoublés du battoir !

 

Comme s’il ne lui suffisait pas de cueillir, aux épais massifs de la rive, les nèfles mûres qu’il noie dans le courant.

 

« Jean le voleur ! Jean qui pêche et qui sera pêché ! Petit Jean, friture que j’ensevelirai blanc d’un linceul de farine dans l’huile enflammée de la poêle ! »

 

Mais alors des corbeaux, qui se balançaient à la verte flèche des peupliers, croassèrent dans le ciel moite et pluvieux.

 

Et les lavandières, troussées comme des piqueurs d’ablettes, enjambèrent le gué jonché de cailloux, d’écume, d’herbes et de glaïeuls.

 


Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 3 août 2022 à 12h52

Les ondins et le rat
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Le rat craint les ondins, il lâche sa quenouille
Pour se placer sous la protection des corbeaux ;
Il leur dit qu’il les aime et qu’il les trouve beaux,
Mais pour eux, ce rongeur n’est rien qu’une fripouille.

Les lavandières, quand Jean l’Ondin fait l’andouille,
Prononcent des jurons, délaissant leurs travaux ;
Elle l’appellent plouc, Seigneur des Caniveaux,
Abruti de première et Minable Pedzouille.

Traité de tous les noms, l’ondin ne fait qu’en rire ;
Si l’une d’elles crie qu’elle le fera frire,
« À poêle » est sa réponse, il est un peu moqueur.

Guère aimé des corbeaux, maudit par les commères,
Il n’a point de soupirs ni de larmes amères,
Désinvolte est son âme et paisible son coeur.

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