Flaminio de Birague



 
Hélas ! mes tristes yeux sont changés en fontaines,
Qui versent non de pleurs mais de larmes de sang,
Et le trait dont Amour me transperça le sang
Augmente incessamment mes angoisseuses peines.
 
Toujours l’objet hideux de cent morts inhumaines
Se présente à mes yeux, et la Parque à son rang
Épouvante mon cœur, ne voyant point le blanc
À qui tendraient hélas ! mes espérances vaines.
 
Le soir, dessus mon toit, les funèbres oiseaux
Annoncent mon trépas et les malheurs nouveaux
Que je vois jà tomber sur mon chef misérable.
 
Au moins puisque le sort cruel et inhumain
Avance mon trépas, mourrussè-je en son sein,
Suçant le vif coral de sa bouche agréable !
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 24 janvier 2020 à 13h42

Ô Captain ! mon Captain !
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Mourrussè-je ! dit-il, en son ultime haleine,
Tandis que fleurissaient les gouttes de son sang
Sur le pont tourmenté : en un mot comme en cent,
Ô cœur ! tout froid et mort gisait mon Capitaine.

S’il rêva dans la grotte où nage la sirène,
Les drapeaux désormais lui sont indifférents ;
Et les cloches aussi, et le petit vin blanc
Qu’il s’accordait les jours de chasse à la baleine.

Sur le navire en deuil, de funèbres oiseaux
Tournent, examinant peut-être ce que vaut
Pour un vieux loup de mer ce trépas misérable.

Héroïque skipper ! Sort cruel, inhumain !
Il dort tout mourrussé au milieu des oursins
Et suce le coral dans les flots insondables.

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