Louis-Pilate de Brinn’Gaubast

Les Sonnets insolents, 1888


Désir d’oiseau


 

À Catulle Mendès.


Dans la virginité des bois des Amériques,
Où des milliers d’oiseaux, vêtus par Dieu d’habits
De diamants, d’or vert, d’azur ou de rubis,
Jusqu’à s’égosiller disaient des chants lyriques :
 
J’ai vu des végétaux dont les couleurs féeriques,
Les feuillages, pareils à des sabres fourbis,
Le cliquetis bizarre et les frissons subits
M’emplissaient, tout enfant, de terreurs chimériques.
 
— Or, dans ce noir Paris plein de dérisions,
Tout un essaim confus de folles visions,
Aujourd’hui que je songe à ces terreurs lointaines,
 
Tourbillonne, ô forêts ! en mon âme et mes yeux ;
Et j’éprouve, ayant soif de boire à nos fontaines,
Comme un désir d’oiseau d’aller vers d’autres cieux...
 

Commentaire(s)
Déposé par Vincent le 10 septembre 2018 à 10h03

Rêve américain

Elle a enfin quitté sa terre d’Armorique,
Avec son peu d’argent et ses plus beaux habits,
Dont la robe de soie décorée d’un rubis,
Qu’elle porte pendant ses prestations lyriques.

Mais débute fort mal son rêve d’Amérique,
Des malfrats New-Yorkais lui volent son fourbi,
L’obligeant à dormir au fond d’un cagibi
Squatté dans les locaux d’une ancienne fabrique.

Si elle renonçait les gens seraient moqueurs
Et puis elle a toujours ce frêle espoir au coeur,
Que des États-Uniens l’acclament pas centaines.

Après qu’elle a chanté une louange à Dieu,
Pour gagner sa pitance au pied d’une fontaine,
Un producteur lui offre un contrat merveilleux

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 7 septembre 2018 à 14h16

Moineau-girafe des Amériques
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Le grand moineau-girafe, il vit aux Amériques :
De gueules, son plumage est un fort bel habit
Car on a l’impression qu’il est fait de rubis ;
Il parcourt les forêts, disant des chants lyriques.

Il pense à son cousin, le moineau d’Armorique
Qui dans son vaste nid range tout un fourbi
(Ça peut toujours servir, tel est son alibi)
Et qui caresse aussi des projets chimériques.

Ils s’entendent fort bien, ces deux moineaux moqueurs,
Car ils ont en commun la poésie au coeur,
Ainsi que la saveur des errances lointaines.

Or, qu’est-ce que ce monde, une farce, à leurs yeux,
Ainsi méditent-ils, buvant à des fontaines
Dont le sombre bassin reflète d’autres cieux.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 octobre 2018 à 21h32

Oiseau normal
------------

Je ne suis même pas un oiseau d’Amérique,
Car je suis Piaf-Tonnerre en son modeste habit
Que complète en hiver la laine des brebis ;
Et nul auteur sur moi n’a fait de chant lyrique.

Ma grand-mère a vécu longtemps en Armorique,
Au  pays d’Astérix qui Romains estourbit,
Dont le sombre esclavage il n’a jamais subi,
Nonobstant de César les projets chimériques.

Mes vieux oncles étaient quelques Bretons moqueurs,
Qui avaient en commun la poésie au coeur,
Ainsi que nous l’avions aux époques lointaines.

Ces années révolues sont un rêve à mes yeux,
Qui me vit consumer l’eau des claires fontaines,
Qui me vit contempler tant d’oiseaux dans les cieux!

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 octobre 2018 à 11h18

Oiseau normal
------------


Avant-dernier vers, « consommer ».

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