Jean-Baptiste Chassignet

Le Mépris de la vie et consolation contre la mort, 1594



L’Enfance n’est sinon qu’une stérile fleur,
La jeunesse qu’ardeur d’une fumière vaine,
Virilité qu’ennui, que labeur, et que peine,
Vieillesse que chagrin, repentance, et douleur ;
 
Nos jeux que déplaisirs, nos bonheurs que malheur,
Nos trésors et nos biens que tourment et que gêne,
Nos libertés que lacs, que prisons, et que chaîne
Notre aise, que malaise et notre ris que pleur ;
 
Passer d’un âge à l’autre est s’en aller au change
D’un bien plus petit mal en un mal plus étrange
Qui nous pousse en un lieu d’où personne ne sort.
 
Notre vie est semblable à la mer vagabonde
Où le flot suit le flot et l’onde pousse l’onde,
Surgissant à la fin au havre de la mort.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 25 mai 2013 à 10h13

Le temps de notre enfance
Est fait d’insignifiance ;

La jeunesse, un éclat
Qui bientôt tombe à plat.

Au temps des années mûres,
Que de maux on endure !

Et quand on devient vieux,
Certes ce n’est pas mieux.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 24 février 2018 à 12h20

Écureuil-girafe de sinople
--------------------

Il se nourrit de fruits, mais préfère les fleurs ;
Il ne perd point son temps dans des disputes vaines,
Il vaque sans ennui, sans labeur et sans peine,
Acceptant quelquefois de légères douleurs ;

Le jeu, le déplaisir, le bonheur, le malheur,
Jamais rien de cela pour de bon ne le gêne,
Il vit dans la forêt, ne portant pas de chaînes,
Et ne se livre pas au rire ni aux pleurs.

Aux alentours de lui, tout change et rien ne change,
Ce n’est pas lui qui va trouver la chose étrange,
Ne posant pas souvent de questions sur son sort.

Or, sa vie est semblable à la mer vagabonde
Où le flot sert le flot et l’onde approuve l’onde,
Où l’on a tout loisir de songer à la mort.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 18 décembre 2018 à 13h54

Fantôme d’un écureuil
-------------------

Un écureuil jadis dansait parmi les fleurs ;
De le revoir ici ton espérance est  vaine,
Il a quitté ce lieu de plaisir et de peine,
De veille et de sommeil, d’amour et de douleur.

Or, tu peux, toi aussi, échapper au malheur,
À tout ce qui t’abîme, à tout ce qui te gêne ;
Les morts dans leurs cercueils ne portent pas de chaînes
Et de leurs descendants n’entendent pas les pleurs.

Si tu crois qu’un défunt en un spectre se change,
Je ne te suivrai point : ce phénomène étrange,
Quel que soit son statut, n’est pas de mon ressort.

Le fantôme, pourtant, cette ombre vagabonde,
Se plaît à visiter les jardins de ce monde,
Qui, dans sa distraction, ne sait pas qu’il est mort.

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