Gabrielle de Coignard



 
Obscure nuit, laisse ton noir manteau,
Va réveiller la gracieuse aurore,
Chasse bien loin le soin qui me dévore,
Et le discours qui trouble mon cerveau.
 
Voici le jour gracieux, clair et beau,
Et le Soleil qui la terre décore,
Et je n’ai point fermé les yeux encore,
Qui font nager ma couche tout en eau.
 
Ombreuse nuit, paisible et sommeillante,
Qui sais les pleurs de l’âme travaillante,
J’ai ma douleur cachée dans ton sein,
 
Ne voulant point que le monde le sache,
Mais toutefois, je te pri’ sans relâche,
De l’apporter aux pieds du Souverain.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 août 2015 à 11h19

Sagesse du paon
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Beauté du paon, dans son noble manteau,
Qui, parcourant son terrain dès l’aurore,
Va picorant des lombrics qu’il dévore ;
Que de sagesse en son vaste cerveau !

Mon oeil, croisant son regard clair et beau,
Sourit au ciel qu’un tel oiseau décore ;
On n’en voit pas de plus charmant encore
Sous le soleil, sur la terre et sur l’eau.

Cette sagesse à-demi sommeillante
Lui fait chanter des notes surprenantes,
Tel un buccin, tel un tube d’airain.

Paon, car il faut que le monde le sache,
Et n’est raison que ma voix le lui cache :
Des beaux oiseaux, tu es le souverain.

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Déposé par Cochonfucius le 29 octobre 2016 à 20h34

Miroir funéraire
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Le saint roi meurt, gisant sur son manteau ;
Les chapelains ont prié dès l’aurore,
Gardant qu’enfer son âme ne dévore ;
Le desservant lui présente un tableau

Sur lequel sont les grands cieux clairs et beaux
Que la splendeur de mille anges décore ;
Mais le vrai ciel est plus charmant encore.
Du roi tremblant, les yeux versent de l’eau.

Or, sa conscience à-demi sommeillante
Lui a montré des choses surprenantes,
Le jugement, la balance d’airain.

Roi, ces secrets, il faut que tu les saches ;
Et n’est raison que ton esprit se cache :
De ton trépas, tu es le souverain.

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Déposé par Jadis le 22 décembre 2019 à 16h23


La nuit s’efface ; il est encore tôt.
Face au regard espiègle de l’aurore
Surprise aux bras du dernier sémaphore,
Phébus, surpris, refrène ses chevaux.        

Là, sous les cieux, l’Océan grave et beau
Qui brasse et meut ses flots versicolores,
Obstinément, bat encore et encore
Les flancs recrus d’un îlot à fleur d’eau ;

Et au milieu des vagues bouillonnantes,
Œuvre, têtue, la tribu patiente
Des naturels de l’humble île de Sein.

Mais sur ce roc, pour autant que je sache,
Bizarrement, il n’y a pas de vaches
Pour regarder passer les sous-marins.

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Déposé par Cochonfucius le 7 octobre 2021 à 12h31

Fleur de sable
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J’aime la nuit, qui me sert de manteau,
Je m’y blottis en attendant l’aurore ;
Quand cette friche au grand soleil se dore,
Je me rendors pour des rêves nouveaux.

Avec l’iris j’échange quelques mots,
Avec la rose, avec la mandragore ;
Nous commentons la vie de Pythagore
Qui nous aimait mieux que les animaux.

Nous délassons nos âmes nonchalantes
Et nos esprits, dont la démarche est lente,
En observant les nuages sereins.

Nous t’aimons bien, je veux que tu le saches ;
Les jolies fleurs dans une peau de vache,
Ce n’est pas nous, ce sont les romarins.

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Déposé par Cochonfucius le 3 juillet 2022 à 12h24

Paon d’inframonde
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Plumes d’argent, motifs ornementaux,
Chef élégant qu’une aigrette décore ;
Lui, ce démon qui les défunts dévore,
Semble avoir l’air d’un bon vivant, plutôt.

Ces malheureux, peu leur chaut qu’il soit beau
Ou que l’épée d’un archange il arbore ;
En ces bas-fonds ils voudraient vivre encore,
Et se nourrir, et boire un verre d’eau.

Le paon s’en moque, et de sa voix puissante
Il se répand en phrases offensantes ;
Il jure autant que fait un vieux marin.

Même sur terre, il était assez vache,
Menant son peuple à grands coups de cravache ;
Il est ainsi, ce cruel souverain.

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