François Coppée

Le Cahier rouge, 1892


Désespérément


 

À Henry Cazalis.


L’immense ennui, ce fils bâtard de la douleur,
En maître est installé dans mon âme et l’habite,
Et moins que la vieillesse affreuse et décrépite,
Cette âme de trente ans a gardé de chaleur.
 
J’en atteste ces yeux éteints, cette pâleur
Et ce cœur sans amour où plus rien ne palpite ;
Je vois mon avenir et je m’y précipite
Ainsi qu’en un désert qui n’a pas une fleur.
 
Pourtant, vers la saison des brises réchauffées,
La jeunesse parfois me revient par bouffées,
J’aspire un air plus pur, je vois un ciel plus beau.
 
Mais cette illusion ne m’est pas un présage,
Et l’espoir n’est pour moi qu’un oiseau de passage
Qui, pour faire son nid, choisirait un tombeau.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 15 octobre 2019 à 11h17

L’amphore de Diogène
-------------------

Acceptant tour à tour la joie et la douleur,
Le sage en un logis plutôt précaire habite ;
Mais sa vieillesse est digne et n’est pas décrépite,
Endurant sans broncher le froid ou la chaleur.

Ce citoyen de Grèce est homme de valeur,
Aussi dans sa poitrine un noble coeur palpite ;
La mort s’en vient vers lui sans qu’il s’y  précipite,
Qu’il traite plaisamment de jeune fille en fleur.

Il mange calmement sa soupe réchauffée,
Et sa jeunesse alors lui revient par bouffées ;
Peut-être qu’en ce temps les dieux le trouvaient beau.

Le cynique penseur ne croit pas aux présages,
Mais il lit quelquefois l’amour sur le visage
D’une muse rêveuse, aux abords d’un tombeau.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Μаrоt : Dе sоi-mêmе

Rоnsаrd : «Yеuх, qui vеrsеz еn l’âmе, аinsi quе dеuх Ρlаnètеs...»

Соppéе : «Sеptеmbrе аu сiеl légеr tасhé dе сеrfs-vоlаnts...»

Ρеllеrin : «Εllе аimаit сеuх dоnt lе gоussеt...»

Соrbièrе : Lе Ρоètе еt lа Сigаlе

Соrbièrе : Lа Сigаlе еt lе pоètе

Fоrt : Εn rеvеnаnt dе Sаint-Μаrtin

☆ ☆ ☆ ☆

Αpоllinаirе : «Τu tе sоuviеns, Rоussеаu, du pауsаgе аstèquе...»

Vеrlаinе : «Lе sоlеil, mоins аrdеnt, luit сlаir аu сiеl mоins dеnsе...»

Dеlаruе-Μаrdrus : Ρоssеssiоn

Dеlаruе-Μаrdrus : Ρоssеssiоn

Vignу : Lеs Dеstinéеs

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Kееpsаkе (Sаmаin)

De Jаdis sur «Ρаr l’аppеl sоuriаnt dе sа сlаirе étеnduе...» (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Сосhоnfuсius sur «Εh biеn, оui ! ј’аimе un plаt саnаillе...» (Glаtignу)

De Сосhоnfuсius sur «Сi-gît qui fut dе bоnnе tаillе...» (Sсаrrоn)

De Jаdis sur «Τu tе sоuviеns, Rоussеаu, du pауsаgе аstèquе...» (Αpоllinаirе)

De Jаdis sur «Τоut hоmmе а sеs dоulеurs...» (Сhéniеr)

De Vinсеnt sur Un Ρеintrе (Hеrеdiа)

De Lе Gаrdеur d’Οiеs sur Ρоssеssiоn Frаnçаisе (Lеvеу)

De Frаnсisсо sur Dаns l’аubеrgе fumеusе... (Jаmmеs)

De Vinсеnt sur Lа Τоur dе Νеslе (Βеrtrаnd)

De Сhristiаn sur Lézаrd (Βruаnt)

De Dаmе Sаlаmаndrе sur «J’аi pоur mаîtrеssе unе étrаngе Gоrgоnе...» (Rоnsаrd)

De Jеаn-Ρаul ΙΙΙ sur «Εllе аimаit сеuх dоnt lе gоussеt...» (Ρеllеrin)

De јеаn-pаul sur «J’еntrаis сhеz lе mаrсhаnd dе mеublеs, еt là, tristе...» (Νоuvеаu)

De Сhristiаn sur Lа dеrnièrе rоndе (Frаnс-Νоhаin)

De Βirgittе sur Sоnnеt à mоn аmi R... (Αrvеrs)

De Vinсеnt sur Τrаnquillus (Hеrеdiа)

De Μаrсеlinе sur À mа bеllе lесtriсе (Βоuilhеt)

De Snоwmаn sur À Zurbаrаn (Gаutiеr)

De Саrlа Οliviеr sur Émilе Νеlligаn

De Сhristiаn sur «Jе vоus еnvоiе un bоuquеt...» (Rоnsаrd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе