François Coppée

Intimités, 1868



 
Elle est un peu pédante, et, lorsque nous lisons,
Tout en laissant rôtir sa pantoufle aux tisons,
Elle laisse échapper un fin mot de critique.
Moi, comme j’ai fait choix d’un livre sympathique,
Comme il est quelquefois signé par un ami,
Je le défends, mais trop faiblement, à demi,
Les amoureux ayant des lâchetés infâmes.
— Les poètes pourtant sont bien compris des femmes :
Non ceux que le lyrisme emporte aux fiers sommets,
Mais les doux, les souffrants, mais Sainte-Beuve, mais
Musset, quand il s’abstient de rire, et Baudelaire,
Lorsque pour engourdir son mal et sa colère
Il se plonge dans les parfums lourds de langueur.
— Elle aime ces divers interprètes du cœur.
Moi, je lis à ses pieds et relis le passage
Où, comme elle l’a dit, l’auteur n’était pas sage,
Doux nid de vers où des baisers étaient tapis.
 
Et le livre souvent tombe sur le tapis.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 24 août 2019 à 14h39


Elle est un peu pétante, à l’instar d’un grison,
Et parfois, dans un grand fracas de crevaison,
Elle laisse échapper un vent aromatique.
Moi, prétendant alors éloigner les moustiques
Et affectant un air vaguement endormi,
J’agite un éventail par-dessus mon demi
Pour esquiver l’odeur, comme le psychodrame.
Elles pètent pourtant autant que nous, les femmes,
Le jour, la nuit, dimanche et les jours fériés, mais
C’est plus discrètement que monte le fumet
Qu’elles vont exhalant à travers l’atmosphère ;
Et toute flatulence issue de leur derrière
Est un parfum divin pour leur adorateurs.
La voilà qui me jette un œil plein de candeur
Mais je me doute bien, parbleu, qu’elle envisage
D’autres opérations déjà de dégazage —
Et comme un oiselet malicieux qui pépie,

Elle se lève et dit : je vais faire pipi.

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