François Coppée

Olivier, 1876


Le Rêve du poète


 
Ce serait sur les bords de la Seine. Je vois             
Notre chalet, voilé par un bouquet de bois.
Un hamac au jardin, un bateau sur le fleuve.
Pas d’autre compagnon qu’un chien de Terre-Neuve
Qu’elle aimerait et dont je serais bien jaloux.
Des faïences à fleurs pendraient après des clous ;
Puis beaucoup de chapeaux de paille et des ombrelles.
Sous leurs papiers chinois les murs seraient si frêles
Que même, en travaillant à travers la cloison
Je l’entendrais toujours errer par la maison
Et traîner dans l’étroit escalier sa pantoufle.
Les miroirs de ma chambre auraient senti son souffle
Et souvent réfléchi son visage, charmés.
Elle aurait effleuré tout de ses doigts aimés.
Et ces bruits, ces reflets, ces parfums, venant d’elle,
Ne me permettraient pas d’être une heure infidèle.
Enfin, quand, poursuivant un vers capricieux,
Je serais là, pensif et la main sur les yeux,
Elle viendrait, sachant pourtant que c’est un crime,
Pour lire mon poème et me souffler ma rime,
Derrière moi, sans bruit, sur la pointe des pieds.
Moi, qui ne veux pas voir mes secrets épiés,
Je me retournerais avec un air farouche ;
Mais son gentil baiser me fermerait la bouche.
— Et dans les bois voisins, inondés de rayons,
Précédés du gros chien, nous nous promènerions,
Moi, vêtu de coutil, elle, en toilette blanche,
Et j’envelopperais sa taille, et sous sa manche
Ma main caresserait la rondeur de son bras.
On ferait des bouquets, et, quand nous serions las
On rejoindrait, toujours suivis du chien qui jappe,
La table mise, avec des roses sur la nappe,
Près du bosquet criblé par le soleil couchant ;
Et, tout en s’envoyant des baisers en mangeant,
Tout en s’interrompant pour se dire : Je t’aime !
On assaisonnerait des fraises à la crème,
Et l’on bavarderait comme des étourdis
Jusqu’à ce que la nuit descende...
 
                                                        — Ô Paradis !

Commentaire(s)
Déposé par Crachetonmucus le 31 janvier 2019 à 11h30

Confus comme cochon __
----------------------

L’esprit porté toujours à quelque chant grivois,
Comme un trou, nuit et jour, je me soûle ; je bois
Comme vache qui pisse ! euh... disons, je m’abreuve !
Gaillardement, qu’il vente ou qu’il neige, qu’il pleuve,
Mon gosier se repaît de lieux glauques et flous
Dans lesquels je m’enivre et hurle avec les loups.

Je ne suis pourtant fou que d’une maquerelle
Qui me traite de porc, m’appelle "Grosse Brêle" !
Voilà un parler vrai ; aussi vrai qu’ont raison
Les charmantes nanas de la Close-Maison
(À peine ai-je jacté) qui contiennent leur souffle :
Le mucus que je crache a un goût de pantoufle __

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Déposé par Faisane le 3 février 2019 à 21h33

“Bouche de miel, cœur de fiel.”____De Sénèque


Faisane

Je t’attendrais en vain au quatrième ciel
Mon chercheur de malheur mon amant de la rose
Je me sauve à jamais de ta piété morose
De ton frigide orgasme dedans mon cœur de fiel

Ma mort liée à vie avec tes vers de miel
Désormais dira non à ton ode cirrhose
Ton âme malhabile attisant ma névrose
De mon rêve de muse au mensonge véniel

Qui en entraîne 1 autre au poing de ce calvaire
A jamais je dis oui si c’était à refaire
A cet envers secret après toi nul mérite

Mais qui donc osera ? D’une soudaine gloire
Apaiser sans le voir mon temps passé à  boire
Ce triste chant hurlé qu’à jamais je médite ___


Chant ’M’ Pour 1 coq de malheur ou de menteur-  16/06/2017


J’ai douté,
j’ai triché,
j’ai essayé,
j’ai maudit
moi aussi
De l’oublier non -
De le salir ? Jamais !

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