Charles Cros

Le Coffret de santal, 1873


Sonnet métaphysique


 
Dans ces cycles, si grands que l’âme s’en effraie,
L’impulsion première en mouvements voulus
S’exerce. Mais plus loin la Loi ne règne plus :
La nébuleuse est, comme au hasard, déchirée.
 
Le monde contingent où notre âme se fraie
Péniblement la route au pays des élus,
Comme au-delà du ciel ces tourbillons velus
S’agite discordant dans la valse sacrée.
 
Et puis en pénétrant dans le cycle suivant,
Monde que n’atteint pas la loupe du savant,
Toute-puissante on voit régner la Loi première.
 
Et sous le front qu’en vain bat la grêle et le vent,
Les mondes de l’idée échangeant leur lumière
Tournent équilibrés dans un rythme vivant.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 17 novembre 2013 à 10h37

Transmigration

---------------------


Trois âmes ont volé par-dessus la colline :
L’une, vêtue de rouge, avec de grands yeux d’or,
L’autre, de jaune avec du sombre sur les bords,
La troisième d’orange aux nuances divines.

La première est partie dans la brise marine,
Vers l’ombre des grands bois. La deuxième est au bord
D’un canal où s’ébat la carpe aux reflets d’or.
La troisième fréquente une friche anodine.

Les grands bois, en novembre, ont encore des fleurs ;
L’âme rouge se mêle à leurs vives couleurs,
Sous le timide aspect d’un insecte ordinaire.

L’âme jaune et l’orange ont dansé dans le vent,
Ainsi commémorant leurs deux grands corps vivants ;
Mais le vent fait danser, aussi bien, la poussière.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucis le 30 avril 2016 à 19h10

Double paon
----------

Le corps du double paon est comme une colline,
Comme une butte au loin qui serait faite d’or ;
Les étranges reflets que l’on voit sur ses bords
Confèrent à son être une allure divine.

Jamais ne va nageant dans la vague marine,
Jamais ne jurera par les mille sabords ;
Il est indifférent aux antiques décors,
Leur préférant l’éclat d’une cour anodine.

Ce paon, de mon jardin, est la plus belle fleur,
Car aucun végétal n’égale sa couleur ;
Un animal pareil, c’est extraordinaire.

Il aime ce jardin, il danse dans le vent,
Heureux d’être le paon, heureux d’être vivant ;
Sitôt mort, comme moi, il deviendra poussière.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 juin 2018 à 12h31

Chevalier aux deux écus
-------------------

Ce noble chevalier monte sur la colline ;
De gueules, son armure est belle comme l’or ;
C’est un homme courtois, et de plaisant abord,
Son sourire lui donne une allure divine.

Il a la nostalgie des étendues marines
Et d’un ami barbu, jurant «mille sabords» ;
Il ne le sent pas bien, ce terrestre décor,
Ce bocage imprégné de couleur anodine.

Lui, sur ses deux écus, n’arbore aucune fleur,
Mais seulement des croix d’une étrange couleur ;
En dehors de cela, rien d’extraordinaire.

Il est un peu trop lourd pour danser dans le vent,
Mais il est tout de même heureux d’être vivant
Sous le ciel traversé par deux grands luminaires.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Βаïf : «Αfin quе pоur јаmаis...»

Viviеn : Sоis Fеmmе...

Rimbаud : Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir

Νеrvаl : Εl Dеsdiсhаdо

Rimbаud : Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir

Αјаlbеrt : Ρеtitеs оuvrièrеs

Τоulеt : «Sur l’осéаn соulеur dе fеr...»

Βаtаillе : Lеs Sоuvеnirs

Rоnsаrd : «Lе Сiеl nе vеut, Dаmе, quе је јоuissе...»

Μаgnу : «Αnnе, је vоus suppliе, à bаisеr аpprеnеz...»

☆ ☆ ☆ ☆

Fоurеst : Rеnоnсеmеnt

Lаfоrguе : Сélibаt, сélibаt, tоut n’еst quе сélibаt

Lе Μоinе : L’Îlе du Ρlаisir

Lеfèvrе-Dеumiеr : Lеs Сhеmins dе Fеr

Сеndrаrs : Соmplеt blаnс

Lоrrаin : Соquinеs

Gаutiеr : Lе Jаrdin dеs Ρlаntеs : «J’étаis pаrti, vоуаnt lе сiеl...»

Βérоаldе : Αdiеu : «Jе vеuх sеul, éсаrté, оrеs dаns un bосаgе...»

Sаmаin : Αutоmnе

Сrоs : Libеrté

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Αu sеignеur Сhristоphlе Ρlаntin (Lе Fèvrе dе Lа Βоdеriе)

De Сосhоnfuсius sur Lа Βlаnсhе Νеigе (Αpоllinаirе)

De Сосhоnfuсius sur «Vа pаr lеs саrrеfоurs dеs plасеs désоléеs...» (Сhаssignеt)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De Τоurniсоti-tоurniсоt sur Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir (Rimbаud)

De соmmеntаtеur sur L’Αnсоliе (Sоulаrу)

De tRΟLL sur Lа Βеllе Guеusе (Τristаn L'Hеrmitе)

De L’âmе аuх ninаs sur À lа Βrеtаgnе (Сhаpmаn)

De Сurаrе- sur «Dоulсin, quаnd quеlquеfоis је vоis сеs pаuvrеs fillеs...» (Du Βеllау)

De Fоllоwеur sur «Jе vоis millе bеаutés, еt si n’еn vоis pаs unе...» (Rоnsаrd)

De Εsprit dе сеllе sur «Jе rеgrеttе еn plеurаnt lеs јоurs mаl еmplоуés...» (Dеspоrtеs)

De Ρоr’d’âmе sur Ρlus tаrd (Μusеlli)

De Сurаrе- sur «Βаrquе, qui vаs flоttаnt sur lеs éсuеils du mоndе...» (Duplеssis-Μоrnау)

De Сhr... sur Αu Соllègе (Évаnturеl)

De Vinсеnt sur À unе Villе mоrtе (Hеrеdiа)

De Μоrin dе Βlаnquеfоrt sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

De Fоrаin dе Βlаnсhеmоr sur Lе Соup dе mаrtеаu (Соurtеlinе)

De Jеhаn Çètоù sur Lе Τаlismаn (Νеlligаn)

De Αrаmis sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Αrаmis sur Μоrt d’un аutrе Juif (Μоrаnd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе