Maurice de Guérin

(1810-1839)

Un autrе pоèmе :

Glаuсus

 

 

Maurice de Guérin

Le Cahier vert


Le Cahier vert (extraits)

Le 4 août 1932. — Aujourd’hui j’achève ma vingt-deuxième année. J’ai vu souvent, à Paris, des enfants s’en aller en terre dans de tout petits cercueils, et traverser ainsi la grande foule. Oh ! que n’ai-je traversé le monde comme eux, enseveli dans l’innocence de mon cercueil et dans l’oubli d’une vie d’un jour. Ces petits anges ne savent rien de la terre ; ils naissent dans le ciel. Mon père m’a dit que, dans mon enfance, il a vu souvent mon âme sur mes lèvres, prête à s’envoler. Dieu et l’amour paternel la retinrent dans l’épreuve de la vie. Reconnaissance et amour à tous deux ! Mais je ne puis m’empêcher de regretter le ciel où je serais , et que je ne puis atteindre que par la ligne oblique de la carrière humaine.

 

Le 4 mars 1933. — Je vois des ouvriers qui bêchent dans le jardin. Ces pauvres gens s’épuisent ainsi toute leur vie pour gagner de quoi manger leur pain de chaque jour, leur pain sec et noir. Quel mystère que celui de toutes ces existences si rudes et si humbles ! et c’est la presque totalité du genre humain. En jour viendra où tous ces hommes de peine de la société lui montreront leurs mains noircies et calleuses, crevassées par les manches de leurs outils, et lui diront : « Seigneur, qui avez dit : Heureux les pauvres et les humbles, nous voici ! »

 

To you, good God, we make our last appeal.

 

Le 7 septembre 1934. — Je me perds dans les conversations. Je n’en retire le plus souvent que de l’abattement et de l’amertume. J’y compromets ma vie intérieure, ce qu’il y a de meilleur en moi. Pour nourrir le discours, j’y jette mes pensées favorites, celles que j’aime le plus secrètement et avec le plus de sollicitude. Ma parole timide et embarrassée les défigure, les mutile, les jette au grand jour, désordonnées, confuses, demi-nues. Quand je m’en vais, je recueille et je serre mon trésor répandu, mais je ne remets en moi que des rêves meurtris comme des fruits tombés de l’arbre sur des pierres.


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