Le bel esprit, au siècle de Marot,
Des dons du ciel passait pour le gros lot ;
Des grands seigneurs il donnait l’accointance,
Menait parfois à noble jouissance,
Et, qui plus est, faisait bouillir le pot.
Or est passé le temps où d’un bon mot,
Stance ou ballade, on payait son écot ;
Plus n’en voyons qui prenne pour finance
Le bel esprit.
À prix d’argent, l’auteur comme le sot
Boit sa chopine et mange son gigot ;
Heureux encor d’avoir telle pitance !
Maints ont le chef plus rempli que la panse ;
Le fat est riche, et nous voyons capot
Le bel esprit.