Philippe Duplessis-Mornay



Barque, qui vas flottant sur les écueils du monde,
Qui vois l’air tout épris et les vents conjurés,
Le gouffre entrebaillé, les flots démesurés,
Sans ancre, sans abri, sans amarre et sans sonde ;
 
Barque, ne perds point cœur ! Qui doute que cette onde
Ne soit sujette aux vents ? Aux flots mal assurés,
Un esquif mi-brisé ? Mais les cieux azurés
Sont-ils pas sur les vents et sur la mer profonde ?
 
Au ciel ? Non ! qu’à la mer commande ton pilote !
Par lui vente le vent, par lui ce monde flotte,
Vente et flotte pour toi, pour te conduire au port.
 
Ton port, c’est l’Éternel, et tu t’en veux soustraire.
Veux-tu calme ou bon vent ? tu demandes ta mort ;
Pour surgir à ton port, il te faut vent contraire.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 14 mars 2018 à 12h17

Serpent d’azur et de mars
---------------------

Il ne s’arrête point aux écueils de ce monde ;
Les démons contre lui ont beau se conjurer,
Ils ont beau redoubler  d’efforts démesurés,
Indemne est son mental que jamais ils ne sondent.

Serpent, ne perds point coeur ! par les génies de l’onde
Ton salut, semble-t-il, est ce jour  assuré,
Car ils furent séduits par ton corps azuré,
Ainsi que ceux du vent et de la mer profonde.

Tu es un chevalier, tu n’es pas un ilote ;
Lorsque souffle le vent, et que ce monde flotte,
Ta sagesse toujours peut te conduire au port.

L’univers te séduit, tu ne t’en veux soustraire.
Serein devant la vie comme devant la mort,
Jamais ton bel esprit ne craint le vent contraire.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 27 mai 2019 à 12h13

Lièvre du Yin et lièvre du Yang
---------------------------

C’est le lièvre du Yin, le plus timide au monde,
Qui sous les projecteurs ne veut point figurer ;
Et de lui, l’on entend des propos mesurés,
Qui rigoureusement sur le bon sens se fondent.

C’est le lièvre du Yang à la verte faconde
Qui d’être le meilleur est toujours assuré ;
Il marche, triomphant, sous le ciel azuré,
Auprès de la montagne ou de la mer profonde.

Aucun de ces deux-là ne veut qu’on le dorlote ;
Mais chacun volontiers avec l’autre complote,
Prenant conseil, parfois, d’un vénérable porc.

Préférer l’un des deux, ce serait arbitraire,
De n’en aimer aucun, certes, l’on aurait tort ;
L’univers s’enrichit des deux lèvres contraires.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Curare- le 27 mai 2019 à 18h11

’’des deux lèvres contraires.’’

C’est savoureux à entendre
Indécent à sous entendre

Surtout ne corrige pas cher __

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