Louis-Honoré Fréchette


Caughnawaga


 
C’est le dernier soupir d’un monde agonisant.
Venez voir ces débris des antiques peuplades,
Anciens rois du désert, terribles ancelades
Écrasés sous le poids des choses d’à présent.
 
Arrêtons-nous ici, non loin de ces cascades.
Regardez ce hameau qui n’a rien d’imposant.
C’est là... Dire qu’on peut visiter en causant
Ces lieux témoins de tant de fauves embuscades...
 
Est-ce notre regard ou l’histoire qui ment ?
Qu’êtes-vous devenus, guerriers roux des prairies,
Farouches Iroquois ? — Ô désappointement !
 
Sans même recourir aux moindres jongleries,
Le chef de la tribu, marchand d’épiceries,
Avec l’accent anglais nous parle bas-normand.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 10 juin 2020 à 08h18

Comme tu dis
-------------------

C’est le dernier soupir d’un monde agonisant :
On ne saurait mieux dire. Adieu la rigolade !
Ça sent fort le sapin, et l’état du malade,
Selon mon diagnostic, est peu satisfaisant.

Des matadors chafouins ont porté l’estocade.
C’était un noble sport, culturel, soi-disant ;
Pourtant le résultat n’est pas très reluisant :
Allons, c’est bien fini, ciao, passez muscade !

En quels termes, comment l’exprimer poliment ?
Y’en a marre à la fin de ces bouffonneries,
De la fraternité et tout le tremblement.

Liberté, Liberté, ô Liberté chérie !
Nous te sacrifions à la sauvagerie :
Célestes vérités ? Étrange aveuglement ! (1)


(1) D’après Corneille, ’Polyeucte’, Acte IV scène 3.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 10 juillet 2020 à 12h20

Planète Thornandra
-------------

Ici, les gens ne font que sculpter des gisants
Sur le socle desquels ils gravent des ballades;
Puis ils rentrent chez eux manger de la salade
Que produisent pour eux leurs frères paysans.

La fête du solstice est une mascarade
Où l’on voit défiler quelques chars imposants;
Le Grand Prêtre du Temple, aux rires s’exposant,
Suit l’amusant cortège en habit de parade.

Dessinant sur le sable une histoire qui ment,
Un prophète promeut sa sainte confrérie;
Deux vieux explorateurs en firent un roman.

La licorne invisible est alors bien nourrie,
Si l’on en use ainsi, c’est pour qu’elle sourie;
Mais elle aimerait mieux rejoindre son amant.

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