Louis-Honoré Fréchette


Novembre


 
Jours de deuil ! plus de nids sous le feuillage vert ;
Les chantres de l’été désertent nos bocages ;
On n’entend que le cri de l’oiseau dans les cages,
Avec les coups de bec sonores du pivert.
 
De jaunissants débris le gazon s’est couvert ;
Les grands bœufs tristement reviennent des pacages ;
Et la sarcelle brune, au bord des marécages,
Prend son essor pour fuir l’approche de l’hiver.
 
Aux arbres dépouillés la brise se lamente ;
À l’horizon blafard, l’aile de la tourmente
Fouette et chasse vers nous d’immenses oiseaux gris...
 
Des passants tout en noir gagnent le cimetière ;
Suivons-les, et donnons notre pensée entière,
Pour un instant, à ceux que la mort nous a pris.
 

(1878)

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 4 août 2017 à 12h10

Animaux des cimes
-------------------

Je les vois se dresser auprès d’un sommet vert,
L’isard et l’éléphant, partis loin des bocages ;
Ils ne sont point de ceux que vous mettez en cage,
Ils ont pour domicile un grand bout d’univers.

De verdoyant gazon les monts se sont couverts ;
Les grands boeufs volontiers en feraient leur pacage ;
Et la grenouille brune, au fond des marécages,
En rêve quelquefois, dans son sommeil d’hiver.

Aux cimes d’alentour la brise se lamente ;
À l’horizon lointain s’esquisse une tourmente
Que semblent escorter  d’immenses oiseaux gris.

L’été rayonne aussi sur le vieux cimetière
Qui se blottit au pied de la montagne fière
Où d’un sombre corbeau nous entendons le cri.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 11 septembre 2020 à 12h38

Arbre des bénédictions
----------

Lui qui est jeune et souple, il est fait de bois vert,
Il n’est point au jardin, mais près d’un marécage ;
Il voit à l’horizon ses frères du bocage,
Il bénit chaque jour l’auteur de l’univers.

Je l’entends consacrer des animaux divers,
De l’ignoble serpent il maudit les truquages ;
Il purifie le sol où seront les pacages,
Il glorifie l’été, il adoucit l’hiver.

Il console parfois Lilith qui se lamente,
De même, il réconforte Eve qui se tourmente,
Il offre des perchoirs aux petits oiseaux gris.

Cet univers nouveau n’eut pas de cimetière,
Chaque être y conserva sa liberté entière ;
Un livre d’autrefois l’a joliment décrit.

[Lien vers ce commentaire]

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