Théophile Gautier



J’aimais autrefois la forme païenne ;
Je m’étais créé, fou d’antiquité,
Un blanc idéal de marbre sculpté
D’hétaïre grecque ou milésienne.
 
Maintenant j’adore une Italienne,
Un type accompli de modernité,
Qui met des gilets, fume et prend du thé,
Et qu’on croit Anglaise ou Parisienne.
 
L’amour de mon marbre a fait un pastel,
Les yeux blancs ont pris des tons de turquoise,
La lèvre a rougi comme une framboise ;
 
Et mon rêve grec, dans l’or d’un cartel,
Ressemble aux portraits de rose et de plâtre
Où la Rosalba met sa fleur bleuâtre.
 

1870.

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 13 septembre 2017 à 21h51

Raisins au jardin du renard
----------------------------

Ce sont les raisins des fêtes sauvages,
Les raisins des dieux de l’antiquité ;
Les garde un petit Priape sculpté,
Qui sait conjurer d’oiseaux les ravages.

En tirera-t-on quelque fort breuvage,
Cet aimable vin de fraternité ?
J’en connais aussi qui prennent du thé,
La Garonne en a peu sur ses rivages.

Les raisins ont pris des tons de turquoise,
L’insecte leur trouve un goût de framboise ;
En juger devra Bacchus immortel.

Il n’en boira point, ce Priape en plâtre,
Mais trinqueront bien le maître et le pâtre,
Le sommelier, même, ou soi-disant tel.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 15 novembre 2017 à 11h50

Houx d’azur
------------

C’est le houx d’azur, un buisson sauvage,
Et c’était un dieu dans l’antiquité ;
Sa tige est d’un bois qu’on ne peut sculpter,
Qui sait conjurer du vent les ravages.

On n’en tirera pas un fort breuvage,
Aucune potion de fraternité ;
C’est du houx d’azur, ce n’est pas du thé,
Ni du chocolat des lointains rivages.

D’autres font pousser du houx de turquoise,
Ou bien son cousin, porteur de framboises ;
Mais le houx d’azur plaît aux immortels.

J’en ai couronné ma Vénus en plâtre,
Celle qui jadis séduisit un  pâtre,
Fils du houx d’azur, ou soi-disant tel.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 mars 2019 à 12h16

Aux abords du trou noir
----------


C’est, dans le cosmos, un trou noir sauvage
Déjà bien connu dans l’antiquité ;
Un corps qui l’atteint ne le peut quitter,
Sur sa trajectoire il fait des ravages.

Il mange toujours, sans peur du gavage,
Car c’est un glouton pour l’éternité ;
Les astres qu’il a laissés subsister
Sous sa dépendance, ils sont en servage.

Planète d’azur, lune de turquoise,
Où je croyais voir pousser des framboises ;
Mais un tel décor n’est pas immortel.

Ils tournent pourtant, tous ces corps folâtres,
Sans craindre la faim du monstre noirâtre ;
Leurs prêtres lui ont dressé des autels.

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