Théophile Gautier


Le Rose


 
Je connais tous les tons de la gamme du rose,
Laque, pourpre, carmin, cinabre et vermillon.
Je sais ton incarnat, aile du papillon,
Et les teintes que prend la pudeur de la rose.
 
À Grenade, des bords que le Xénil arrose
J’ai, sur le Mulhacen lamé de blanc paillon,
Vu la neige rosir sous le dernier rayon
Que l’astre, en se couchant, comme un baiser y pose.
 
J’ai vu l’aurore mettre un doux reflet pourpré
Aux Vénus soulevant le voile qui leur pèse,
Et surpris dans les bois la rougeur de la fraise.
 
Mais le rose qui monte à votre front nacré
Au moindre madrigal qu’on vous force d’entendre,
De la fraîche palette est le ton le plus tendre.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 janvier 2017 à 14h54

Le seigneur du trou noir
------------------------------

Il n’en sort jamais rien, pas même un photon rose ;
Mais, au coeur du trou noir, est un grand pavillon
Où demeure un Seigneur, maître des tourbillons
Et d’engloutissements qu’il chante en belle prose.

Puits gravitationnel que la matière arrose,
Toi qui peux moissonner sans creuser de  sillons,
Vainement Cupidon te lance un aiguillon,
Au coeur de ce néant, lourdement il se pose.

L’empereur de ces lieux, chaussé de charentaises,
Inspecte le bilan de ses douze diocèses
Dont chaque évêque fut par ses soins consacré.

Tout cela n’est connu que par quelques légendes
Sur cet endroit fermé, que, dit-on, ne transcende
Pas un seul neutrino, pas un photon nacré.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 novembre 2019 à 11h40

Pavillon de plaisance
----------

Ombrages verdoyants, jardin fleuri de roses ;
Ici, le vieux poète habite un pavillon.
Le vent avec la feuille y danse en tourbillons,
À l’intérieur, on lit des vers et de la prose.

L’homme, qui ses repas modestement arrose,
A cessé de tracer son timide sillon,
Mais de la muse encore éprouve l’aiguillon ;
Son cul, chaque matin, dans son bureau se pose.

Il compose un sonnet, chaussé de charentaises,
Grave comme un évêque inspectant son diocèse,
En ce pavillon règne un silence absolu.

Il écrit des propos, des fables, des légendes
Mais de peu d’importance, et qui rien ne transcendent :
Sur le froid, sur la nuit, sur les temps révolus.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Vincent le 6 novembre 2019 à 22h44

Pose

Comme il sait s’occuper de son bouton de rose,
Le teint de sa patronne est presque vermillon.
Au-dessus des amants, un fringant papillon,
Volette dans l’air doux d’un soir d’été bleu-rose.

L’employé, c’est celui, qui, le gazon, arrose,
Parmi d’autres travaux, autour du pavillon.
Jusqu’alors affairé à poser des paillons
Le long de la clôture, il s’accorde une pose.

Une de ses mains cours sur le satin pourpré
De son décolleté ; un sein, elle soupèse,
Tandis qu’avec sa langue, il caresse sa fraise.

À mesure que vient, le dénouement sacré,
Les soupirs de plaisir sont moins durs à entendre,
Ils seront au summum quand sont corps va se tendre.

https://misquette.wordpress.com/2019/11/06/pose/

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Swаrth : Сасhе-Сасhе

Villоn : Ρrоblèmе [Βаllаdе dе fоrtunе]

Сrоs : Li-tаï-pé

Dеubеl : Détrеssе

Viviеn : Dеvаnt lе соuсhаnt

Viviеn : Lа Соnquе

Vеrlаinе : Соllоquе sеntimеntаl

Βrulé : «Ρоur mаl tеmps ni pоur gеléе...»

Dеsсhаmps : «Jе dеviеns соurbеs еt bоssu...»

Αndré Sаlmоn

Μас Οrlаn : Lе Μаnègе d’аérоplаnеs

☆ ☆ ☆ ☆

Jаmmеs : Lеs Сеrisеs

Vеrlаinе : «J’аllаis pаr dеs сhеmins pеrfidеs...»

Βаudеlаirе : Lеs Сhаts

Dеrèmе : «À quоi bоn tе сhеrсhеr, glоirе, viеillе étiquеttе !...»

Βirаguе : «Grоttеs, Саvеrnеs, Ρrés, Τеrtrеs, Fоrêts, Rivаgеs...»

Νаvаrrе : «J’аimе unе аmiе еntièrеmеnt pаrfаitе...»

Соppéе : Désir dе glоirе

Hugо : «Ιl lui disаit : Vоis-tu, si tоus dеuх nоus pоuviоns...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Si fruits, rаisins еt blés, еt аutrеs tеllеs сhоsеs...» (Du Βеllау)

De Jаdis sur À unе lаidе аmоurеusе dе l’аutеur (Αuvrау)

De Сосhоnfuсius sur Lеs Αrbrеs (Viviеn)

De Jаdis sur Rоndе (Sаlmоn)

De Сосhоnfuсius sur Stèlе аu désir (Sеgаlеn)

De Jаdis sur Lа Сigаlе (Βеllеаu)

De Duguinе sur Αmstеrdаm (Jаmmеs)

De Gаrdiеn dеs саnаrds sur Μа dаnsе (Сеndrаrs)

De Суоrаnе- sur «Ρаr l’аmplе mеr, lоin dеs pоrts еt аrènеs» (Sаint-Gеlаis)

De Τhundеrbird sur Lе Ρоètе соntumасе (Соrbièrе)

De Μаgélаnt sur Αiguillеs dе саdrаn (Sаint-Ρоl-Rоuх)

De Vinсеnt sur Lе Μоrt јоуеuх (Βаudеlаirе)

De Simоn Hоаrаu sur Sсаrbо : «Οh ! quе dе fоis је l’аi еntеndu еt vu...» (Βеrtrаnd)

De Εsprit dе сеllе sur L’Éсоlе buissоnnièrе (Durосhеr)

De ΜаdаmеСоnnаssе sur Сhаpеllе dе lа mоrtе (Νеlligаn)

De Сurаrе- sur «Lе sоn du соr s’аffligе vеrs lеs bоis...» (Vеrlаinе)

De Τutus ΙΙ bis sur Vénus Αnаdуоmènе (Rimbаud)

De Сurаrе- sur «Jе vоguе sur lа mеr, оù mоn âmе сrаintivе...» (Gоmbаud)

De Сurаrе- sur Lе Vœu (Hеrеdiа)

De hiаtus sur Ρоur lе Vаissеаu dе Virgilе (Hеrеdiа)

De Ιхеu.е sur À l’inассеssiblе (Rоllinаt)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе