Iwan Gilkin

La Nuit, 1897


La Capitale


 
L’énorme capitale est un fruit douloureux.
Son écorce effondrée et ses pulpes trop mûres
Teignent opulemment leurs riches pourritures
D’ors verts, de violets, et de roux phosphoreux.
 
Lâchant un jus épais, douceâtre et cancéreux,
Ses spongieuses chairs fondent sous les morsures,
Et ses poisons pensifs font germer les luxures
Et les péchés malsains dans les cerveaux fiévreux.
 
Tel est son goût exquis, tel son piment bizarre,
— Gingembre macéré dans un élixir rare, —
Que j’y plongeai mes dents avec avidité.
 
J’ai mangé du vertige et bu de la folie.
Et c’est pourquoi je traîne un corps débilité
Où ma jeunesse meurt dans ma force abolie.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 8 mars 2021 à 12h37

Maître Coq à la fleur de l’âge
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Le noble Maître Coq est plutôt vigoureux,
Sa lourde charge est loin d’être une sinécure ;
Mais il dort calmement, dans les heures obscures,
Lui qui n’est nullement un nocturne amoureux.

Son appel matinal montre qu’il est heureux,
Son âme est affermie, mais elle n’est point dure ;
Sa poule préférée dit «Pourvu que ça dure»,
Couvant de son regard cet oiseau valeureux.

C’est un maître indulgent, ce n’est pas un barbare ;
Tel un navigateur qui sait tenir sa barre,
Il trace son chemin dans la sérénité.

Il va droit devant lui, toutes peurs abolies,
Méditant des propos de sagesse et folie ;
Il comprend que son temps n’est pas l’éternité.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er août 2022 à 12h34

Derniers jours de Maître Coq
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Paisible est Maître Coq, jadis aventureux,
Dans la sérénité que l’âge lui procure ;
Il passe ses vieux jours dans une pièce obscure,
Ses potes lui ont dit qu’il peut compter sur eux.

Il se souvient des lieux où son coeur fut heureux,
Où son âme connut de belles aventures ;
Il trouve maintenant refuge en l’écriture,
Il ne se risque plus à des jeux dangereux.

Il n’eut jamais de goût pour les plaisirs barbares ;
Jamais dans la tempête il ne tenait la barre,
Il préférait toujours dans un port s’abriter.

Son temps est de paresse et de mélancolie,
Ce n’est plus la saison de faire des folies ;
Ses derniers jours n’ont pas un goût d’éternité.

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