Albert Giraud


Le Vieux Tambour


 

À Émile Van Arenbergh


Je suis un vieux tambour. Autrefois, sur ma peau,
Quand le ciel du matin semble un bouquet de roses,
De Cythère avolaient les amours en troupeau,
Et mon âme sonnait sous des baguettes roses.
 
Je suis un vieux tambour. Naguère, après l’assaut,
Quand les soudards tuaient les femmes dans les bouges,
La volupté du sang me spasmait d’un tressaut,
Et mon âme hurlait sous des baguettes rouges.
 
Je suis un vieux tambour. Maintenant mes bois morts
Geignent sous le malheur, la honte, le remords...
Plus d’aube rosoyante et de flambantes gloires.
 
Aujourd’hui, recouvert d’un long crêpe de deuil,
Sourdement je sanglote au devant d’un cercueil,
Et mon âme se meurt sous des baguettes noires.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 20 août 2016 à 18h00

Psychanalyse de la licorne
------------------------------

La licorne se dit : «Je suis mal dans ma peau,
Seule, je ne pourrai pas y faire grand-chose,
Je vais donc, pour un temps, m’éloigner du troupeau,
Et voir le dinosaure aux jolies pattes roses.»

(C’est un vieux thérapeute, il est loin d’être sot,
Il peut analyser presque tout ce qui bouge,
Qu’on soit près de la tombe ou sortant du berceau,
Qu’on soit vieille licorne ou jeune poisson rouge).

La licorne éveilla tous ses souvenirs morts,
Retraçant le malheur, la honte, le remords,
La vie insignifiante et la soudaine gloire.

Le dinosaure a dit : « Rien de mal dans ce deuil,
Puisque les instants morts n’ont jamais de cercueil,
Crois donc en la lumière au fond de la nuit noire».

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 26 décembre 2017 à 10h04

Forteresse improbable
---------------------

Cent mille chevaliers en armure de peau,
Et dans leur forteresse, ils ne font grand-chose,
Plutôt qu’un corps d’armée, ils forment un troupeau,
Mais ils vont répétant que la vie n’est pas rose.

Leur colonel est brave, il est loin d’être sot,
Car il peut fusiller presque tout ce qui bouge ;
Son métier, il l’apprit en sortant du berceau,
Sous la bannière blanche ou sous le drapeau rouge.

Il cultive en ce lieu tous ses souvenirs morts,
Retraçant le combat, la honte, le remords,
La vie insignifiante et l’impossible gloire.

Son adjudant lui dit : « Rien de mal dans ce deuil,
Puisque les soldats morts ont d’excellents cercueils,
Nous voyons la lumière au fond de la nuit noire».

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 26 décembre 2017 à 15h27

Forteresse improbable
---------------------


(deuxième vers)

(...) ils ne font pas grand-chose.

[Lien vers ce commentaire]

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