Antoine Godeau

(1605-1672)

 

 

Antoine Godeau

Poésies chrétiennes, 1646


Sur la résurrection de Notre Seigneur


 
Quand le Phénix se brûle au céleste Flambeau
Sur un lit précieux d’encens et de cannelle,
Il reprend dans sa cendre une force nouvelle,
Et pour lui le cercueil se change en un berceau.
 
Ainsi le Rédempteur laissant dans le tombeau,
De son corps immolé sa dépouille mortelle,
En sort étincelant d’une gloire éternelle,
Et le Ciel étonné n’a rien vu de si beau.
 
Le merveilleux Phénix retombe en la vieillesse,
Mais du divin Sauveur l’adorable jeunesse
Des Siècles ne craint plus les efforts rigoureux ;
 
Le Phénix renait seul de sa fameuse cendre,
Mais du Saint Rédempteur les Élus bienheureux
Sont de nouveaux Phénix qu’en mourant il engendre.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 16 février 2015 à 09h57

Cendre féconde  (Pays de Poésie 15-5-14)
----------------------

Le Phénix, traversant les cieux du monde antique,
Jusqu’à son très grand âge a bourlingué, sans frein ;
Maintenant qu’il est vieux, il construit brin par brin
Et fagot par fagot son bûcher fatidique.

Avec du bois précieux, avec du bois rustique,
Du bois ayant flotté sur les courants marins ;
L’oiseau est au travail, et de mourir ne craint ;
Il accomplit ainsi son labeur méthodique,

Tel un bon ouvrier quand il élève un mur.
Puis il prend une plume à sa superbe queue ;
Il en fait, par magie, naître une flamme bleue

Et le bûcher s’enflamme, illuminant l’azur ;
Un oeuf se formera dans la cendre qui fume,
Sous l’indulgent regard des nuages d’écume.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 16 août 2018 à 14h02

Trois lunes de pourpre
------------------------

Trois lunes dans les cieux, trois augustes flambeaux
Éclairent le verger aux odeurs de cannelle ;
On dirait qu’il en tire une force nouvelle,
Comme font en buvant les enfants au berceau.

Pas très loin, dans le noir, se dressent des tombeaux
Où l’on ne voit dormir aucune âme immortelle ;
Car ils ne sont pas fait pour la gloire éternelle,
Mais pour l’ombre profonde et le cri des corbeaux.

Ces morts ont-ils connu les joies de la vieillesse ?
Quelques-uns sont tombés en leur prime jeunesse,
Lequel de ces deux sorts est le plus rigoureux ?

Cette nuit, vainement, j’interroge leur cendre :
Ont-ils eu du plaisir ? Furent-ils malheureux ?
Aucun d’eux à parler ne voudra condescendre.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 16 août 2018 à 18h36

Trois lunes de pourpre
------------------------

deuxième quatrain, « ils ne sont pas faits »

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 janvier 2019 à 14h18

Antigriffon
------------

Voici l’antigriffon, l’éteigneur de flambeaux,
Le rôdeur souterrain, le mangeur de cannelle ;
On dirait qu’il invente une danse nouvelle,
Lui dont un inframonde abrita le berceau.

Il aime contempler l’intérieur des tombeaux
Car il trouve du charme aux dépouilles mortelles ;
Puis, il connaît la Mort, sa compagne éternelle,
Aussi bien, semble-t-il, que son frère corbeau.

En inframonde il vit sa paisible vieillesse,
Ce fut également le lieu de sa jeunesse,
Un monde très obscur et plutôt rigoureux.

Il boit les eaux du Styx, il se nourrit de cendres,
En a-t-il du plaisir ? Il n’est pas malheureux :
À devenir griffon, pourrait-il condescendre ?

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Αlbеrt Lоzеаu

Βаïf : «Αfin quе pоur јаmаis...»

Viviеn : Sоis Fеmmе...

Rimbаud : Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir

Νеrvаl : Εl Dеsdiсhаdо

Rimbаud : Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir

Αјаlbеrt : Ρеtitеs оuvrièrеs

Τоulеt : «Sur l’осéаn соulеur dе fеr...»

Βаtаillе : Lеs Sоuvеnirs

Rоnsаrd : «Lе Сiеl nе vеut, Dаmе, quе је јоuissе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Fоurеst : Rеnоnсеmеnt

Lаfоrguе : Сélibаt, сélibаt, tоut n’еst quе сélibаt

Lе Μоinе : L’Îlе du Ρlаisir

Lеfèvrе-Dеumiеr : Lеs Сhеmins dе Fеr

Сеndrаrs : Соmplеt blаnс

Lоrrаin : Соquinеs

Gаutiеr : Lе Jаrdin dеs Ρlаntеs : «J’étаis pаrti, vоуаnt lе сiеl...»

Βérоаldе : Αdiеu : «Jе vеuх sеul, éсаrté, оrеs dаns un bосаgе...»

Sаmаin : Αutоmnе

Сrоs : Libеrté

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Lаs ! је mеurs : nоn-fаit, nоn. Quоi dоnс ? Jе vis d’еspоir...» (Fiеfmеlin)

De Сосhоnfuсius sur L’Οisеаu blеu (Сеndrаrs)

De Сосhоnfuсius sur Lе Τunnеl (Rоllinаt)

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Τоi qui аs еt pоur mèrе еt pоur pèrе...» (Jоdеllе)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De Τоurniсоti-tоurniсоt sur Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir (Rimbаud)

De соmmеntаtеur sur L’Αnсоliе (Sоulаrу)

De tRΟLL sur Lа Βеllе Guеusе (Τristаn L'Hеrmitе)

De L’âmе аuх ninаs sur À lа Βrеtаgnе (Сhаpmаn)

De Сurаrе- sur «Dоulсin, quаnd quеlquеfоis је vоis сеs pаuvrеs fillеs...» (Du Βеllау)

De Fоllоwеur sur «Jе vоis millе bеаutés, еt si n’еn vоis pаs unе...» (Rоnsаrd)

De Εsprit dе сеllе sur «Jе rеgrеttе еn plеurаnt lеs јоurs mаl еmplоуés...» (Dеspоrtеs)

De Ρоr’d’âmе sur Ρlus tаrd (Μusеlli)

De Сhr... sur Αu Соllègе (Évаnturеl)

De Vinсеnt sur À unе Villе mоrtе (Hеrеdiа)

De Μоrin dе Βlаnquеfоrt sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

De Fоrаin dе Βlаnсhеmоr sur Lе Соup dе mаrtеаu (Соurtеlinе)

De Jеhаn Çètоù sur Lе Τаlismаn (Νеlligаn)

De Αrаmis sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Αrаmis sur Μоrt d’un аutrе Juif (Μоrаnd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz