Théodore Hannon

(1851-1917)

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Théodore Hannon


Fleur des fièvres


 
Paris, ville où la chair en fleur s’épanouit,
Paris va regorgeant de gorges provoquantes
Et comme un espalier glorieux de son fruit,
Bombe superbement ses grands seins de bacchantes.
 
Le corset ploie et craque au chargement de chair
Et, le busc en arrêt, tend ses pointes jumelles.
Sans honte, de deux monts ardents tu te pommèles,
Corsage que Jordaëns aurait prisé bien cher !
 
Autour de moi, câlin, fait moutonner sa houle
Cet océan nouveau qui m’affole et me soûle,
Et dont le flot tout blanc vient tenter mon assaut...
 
À moi la fille pâle et grêle, fleur des fièvres !
Car je veux promener mes ongles et mes lèvres
Sur des corps aux maigreurs de vierge et de puceau.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 3 août 2016 à 18h13

Adoption de Romulus et Rémus
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La vestale, en songeant au dieu qui s’est enfui,
Berce les deux enfants de sa chair rayonnante.
De ces brèves amours, ils sont le tendre fruit,
Mais elle craint de Zeus la colère tonnante,

La vengeance des rois, la fureur des Bacchantes.
Cherchant un protecteur, elle va dans la nuit
Afin d’y retrouver des présences errantes ;
Arès ne pourra pas l’assister, quant à lui.

Les mauvais sorts sont là, violents comme des houles,
C’est alors que près d’elle, une louve déboule :
De cette créature, on peut craindre l’assaut...

Or, la bête s’approche et lui parle sans fièvre,
Et les mots apaisants qui tombent de ses lèvres
Disent qu’elle aimera ces princes au berceau.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 23 octobre 2017 à 11h37

Palais désert
------------

Les gardes sont absents, les ministres ont fui ;
Et c’en est terminé de la cour rayonnante.
En vain dans le verger se détachent les fruits ;
Le lourd canon du fort n’a plus sa voix tonnante.

La défaite du roi, la révolte éclatante,
Le carrosse esseulé qui roule dans la nuit ;
Nul ne porte attention à sa présence errante,
Il ne sait pas où va son chemin, quant à lui.

Les noirs démons sont là, violents comme des houles,
C’est alors que sur l’herbe, un sanglier déboule :
Il regarde le roi, sans passer à l’assaut...

Le monarque s’approche et lui parle sans fièvre :
Ce sont des mots secrets qui tombent de ses lèvres,
Qu’entend, sous le ciel noir, le sauvage pourceau.

[Lien vers ce commentaire]

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