Heredia

Les Trophées, 1893


À une Ville morte


 

                                Cartagena de Indias
                            1532-1583-1697.


Morne Ville, jadis reine des Océans !
Aujourd’hui le requin poursuit en paix les scombres
Et le nuage errant allonge seul des ombres
Sur ta rade où roulaient les galions géants.
 
Depuis Drake et l’assaut des Anglais mécréants,
Tes murs désemparés croulent en noirs décombres
Et, comme un glorieux collier de perles sombres,
Des boulets de Pointis montrent les trous béants.
 
Entre le ciel qui brûle et la mer qui moutonne,
Au somnolent soleil d’un midi monotone,
Tu songes, ô Guerrière, aux vieux Conquistadors ;
 
Et dans l’énervement des nuits chaudes et calmes,
Berçant ta gloire éteinte, ô Cité, tu t’endors
Sous les palmiers, au long frémissement des palmes.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 12 août 2015 à 10h59

Ange-lion
-----------

De gueules, l’ange-lion surgit de l’océan,
S’élève dans les airs, franchit les cieux sans nombre,
Puis se laisse flotter au firmament, sans ombre,
Sans bruit, sinon celui de son coeur de géant.

Il plane, loin du sage et loin du mécréant,
Loin de la ville neuve et loin des vieux décombres,
Loin du jour lumineux et loin de la nuit sombre,
Unique voyageur dans le ciel d’or béant.

Il ne regrette point la faune qui moutonne,
Son paisible bonheur n’a besoin de personne,
Pas plus que l’on ne craint d’être seul, quand on dort.

Le jour de ce ciel jaune est comme une nuit calme,
La crinière du lion flotte comme une palme ;
Peut-être, par instants, son coeur bat un peu fort.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 21 mars 2018 à 12h13

Grand dieu triple
--------------------

Il est père du sol, du ciel, de l’océan,
Et cela se répète en planètes sans nombre.
On ne voit pas son corps, on ne voit pas son ombre,
On n’entend ni sa voix, ni son coeur de géant.

Il se moque du sage, aussi du mécréant,
Ignore bâtisseurs et faiseurs de décombres,
Dieu du jour lumineux et Dieu de la nuit sombre,
Invisible soleil dans le ciel d’or béant.

Il ne regrette point le Chaos qui moutonne,
Le temps où l’Univers n’eut besoin de personne,
Pas plus que l’on ne craint de rêver, quand on dort.

L’esprit de ce dieu triple est comme une nuit calme,
Sa Paix dans le Néant flotte comme une palme ;
Peut-être, par instants, ce dieu rit un peu fort.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 mai 2019 à 12h12

Clé d’Alpha et clé d’Oméga
-------------------------------

Le Livre est un cosmos et c’est un océan ;
Nous pouvons y trouver des histoires sans nombre
Qui parlent du soleil ou du pays des ombres,
Ou bien des Nephilim,  improbables géants.

Il s’en instruit, le sage, aussi le mécréant,
Le maître en son palais, le pauvre en ses décombres,
Gens du jour lumineux et gens de la nuit sombre,
Errants, vite engloutis par le trou noir béant.

J’y découvre souvent des phrases qui m’étonnent,
De curieux animaux et d’étranges personnes,
Et ces monstres douteux que l’on voit, quand on dort.

L’Alpha et l’Oméga y vivent leur vie calme,
La mère d’Ismaël sommeille sous la palme,
Un prophète hésitant se promet d’être fort.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Vincent le 22 mai 2019 à 23h05

Drame en pleine mer

À bord d’un vieux rafiot voguant sur l’océan,
Ils survivent à peine de la chair des scombres,
Qu’ils pêchent rarement, le plus souvent à l’ombre
D’une bâche qui sert de parasol géant.

Leur vie en suspens, car jugés mécréants,
Ils ont fui un pays, non sans quelques encombres,
Par exemple, ils ont craint que leur esquif ne sombre ;
Un tir des gardes-côtes y fit un trou béant.

Ce jour, on fait des nattes à celles qui moutonnent,
Pour rendre la journée un peu moins monotone,
Alors que des enfants jouent aux Conquistadors.

Mais une mère en pleurs réclame un peu de calme,
Contre elle son bambin, à tout jamais s’endort,
Pendant qu’elle l’évente à l’aide d’une palme.

https://misquette.wordpress.com/2019/05/22/drame-en-pleine-mer/

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Lаmаrtinе : Ρеnséе dеs mоrts

Сrоs : Сrоquis

Αpоllinаirе : Grаtitudе

Αgоult : L’Αdiеu

Μауnаrd : «Νуmphеs, dе grâсе, аpprосhеz-vоus...»

Ρlаntin : Lе Βоnhеur dе се mоndе

Hugо : Sаrа lа bаignеusе

Lоuÿs : Αu vаissеаu

Guillеt : «Lа nuit étаit pоur mоi si très оbsсurе...»

Μаgnу : «Ô bеаuх уеuх bruns, ô rеgаrds détоurnés...»

Rасinе : Βritаnniсus. Αсtе ΙΙ, Sсènе 2

Βеllеаu : Lа Βеllе Νuit

☆ ☆ ☆ ☆

Du Βеllау : Villаnеllе : «Εn се mоis déliсiеuх...»

Rimbаud : Lеs Lèvrеs сlоsеs — Vu à Rоmе

Lаutréаmоnt : «Сеt еnfаnt, qui еst аssis sur un bаnс du јаrdin dеs Τuilеriеs...»

Dеrèmе : «Lа pоrtе du јаrdin dоnnе sur lа ruеllе...»

Μоréаs : «Dе се tаrdif аvril, rаmеаuх, vеrtе lumièrе...»

Βоnnаud : Lе Jоur dе l’аn

Hуspа : Sоlilоquе du Сhаuvе

Τоulеt : Épitаphе.

Τоulеt : «Vоus qui rеtоurnеz du Саthаi...»

Μussеt : Sur unе mоrtе

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Сirсé (Μénаrd)

De Jаdis sur Βritаnniсus. Αсtе ΙΙ, Sсènе 2 (Rасinе)

De Jаdis sur «Αdmirе dеs glаïеuls...» (Τоulеt)

De Сосhоnfuсius sur Féminin singuliеr (Соrbièrе)

De Jаdis sur Lеs Lèvrеs сlоsеs — Vu à Rоmе (Rimbаud)

De Сосhоnfuсius sur «Ô Ρèrе dоnt јаdis lеs mаins industriеusеs...» (Lа Сеppèdе)

De Сurаrе- sur «Jе nе sаis соmmеnt је durе...» (Ρizаn)

De Gаrdеur dе саnаrds sur Ρhèdrе (Fоurеst)

De Gégé sur Sоir dе Μоntmаrtrе. (Τоulеt)

De Μаlvinа- sur «Quе tristе tоmbе un sоir dе nоvеmbrе...» (Νоuvеаu)

De Lеmiеuх Sеrgе sur «Vоtrе rirе еst éсlаtаnt...» (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Сurаrе- sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Сhristiаn sur Rêvеriе sur tа vеnuе (Αpоllinаirе)

De Diсkо rimеur sur «Jе rêvе dе vеrs dоuх еt d’intimеs rаmаgеs...» (Sаmаin)

De Νаguèrе sur «Sеs purs оnglеs très hаut dédiаnt lеur оnух...» (Μаllаrmé)

De Vinсеnt sur «Ô qu’hеurеuх еst сеlui qui pеut pаssеr sоn âgе...» (Du Βеllау)

De Εsprit dе сеllе sur Сhаnsоn (Οmbrе du bоis) (Lоuÿs)

De Αlbеrtus sur Сhаnsоn : «Ô biеnhеurеuх qui pеut pаssеr sа viе...» (Dеspоrtеs)

De Vinсеnt sur «Αfin quе pоur јаmаis...» (Βаïf)

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Τоi qui аs еt pоur mèrе еt pоur pèrе...» (Jоdеllе)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе