Heredia

Les Trophées, 1893


Jason et Médée


 

                                         
À Gustave Moreau


En un calme enchanté, sous l’ample frondaison
De la forêt, berceau des antiques alarmes,
Une aube merveilleuse avivait de ses larmes,
Autour d’eux, une étrange et riche floraison.
 
Par l’air magique où flotte un parfum de poison,
Sa parole semait la puissance des charmes ;
Le Héros la suivait et sur ses belles armes
Secouait les éclairs de l’illustre Toison.
 
Illuminant les bois d’un vol de pierreries,
De grands oiseaux passaient sous les voûtes fleuries,
Et dans les lacs d’argent pleuvait l’azur des cieux.
 
L’Amour leur souriait, mais la fatale Épouse
Emportait avec elle et sa fureur jalouse
Et les philtres d’Asie et son père et les Dieux.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 novembre 2014 à 14h35

Temps de lecture
---------------------

J’apprécie les auteurs dont les oeuvres sont mûres ;
Au hasard de la Toile, on en trouve à foison,
J’aime les savourer en la grise saison
Où la mourante feuille en son arbre murmure.

Le novembral corbeau danse dans la ramure,
Avec Commère Pie échangeant des raisons ;
Le bélier pour l’hiver renforce sa toison,
La route sous nos pieds se fait un peu plus dure ;

Les livres, cependant, nous offrent leur parfum
Et le sage discours des grands auteurs défunts,
L’encre sur les feuillets n’étant point trop pâlie.

Les textes d’aujourd’hui ont aussi leur beauté,
Je ne suis pas de ceux qui vont la rejeter ;
Mais, dans ceux d’autrefois, cette mélancolie...

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Déposé par Cochonfucius le 21 mai 2020 à 12h23

Fleur d’uchronie
-------------

Elle orne seulement la cinquième saison,
Fleur des temps incertains, fleur des grandes alarmes;
Par son pouvoir magique elle sèche nos larmes,
L’amour universel est en sa floraison.

D’autres fleurs dans leur coeur distillent des poisons,
Mais celle-ci nous offre uniquement ses charmes;
Un guerrier qui la voit va déposer les armes
Pour répandre aussitôt des bienfaits à foison.

Les elfes du jardin cessent leurs moqueries,
Je peux les voir danser sur la friche fleurie ;
Leur doux regard est bleu comme l’azur des cieux.

Puis Marie-Madeleine en cueille pour les Douze,
Pour Sainte Marthe aussi dont elle fut jalouse;
La fleur est un témoin de la grandeur de Dieu.

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Déposé par Cochonfucius le 25 octobre 2020 à 13h22

Floraison barbare
----------

La fleur du monde inculte ignore les saisons,
Elle vit sans contrainte et jamais ne s’alarme ;
Elle ne se plaint pas, ni ne verse de larmes,
Elle reste discrète au temps des floraisons.

D’après certains auteurs, ce serait un poison,
Détail qui, d’après eux, n’ôte rien à ses charmes ;
Personne n’a compris à quoi lui sert cette arme,
Sauf (peut-être) un reclus qui vit à Montoison.

Tu ne la verras point das les jardineries,
Ni dans tes excursions, ni dans tes flâneries;
Car cette fleur sans nom grandit sous d’autres cieux,

Elle, qui ne sait rien de nos vertes pelouses,
Elle, qui de nos prés n’est nullement jalouse,
Vit dans la paix de l’âme et s’en remet à Dieu.

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Déposé par Vincent le 28 octobre 2020 à 22h24

Nourrit, blanchit, logé, dorloté


Sûr que son patient vit son ultime saison,
Le psychiatre devant son équipe s’alarme :
« Il est vide d’émois, ni sourires, ni larmes,
Et d’un mot, nous scrutons, en vain, la floraison ! ».

Sont prescrits des cachets (pour lui c’est du poison)
Sensés changer sa vie, lui redonner du charme,
Qu’ils feint d’ingurgiter avant de cracher l’arme
Chimique ensalivée à même le gazon.

Tous les après-midis se passent en flâneries
Dans les allées du parc jusqu’à la sonnerie
Annonçant le dîner, un moment fort précieux ;

Son esprit peut errer par-delà des pelouses
Et produire des vers qu’il glisse dans la blouse
D’une tendre infirmière au sourire gracieux.

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