Heredia

Les Trophées, 1893


Le Prisonnier


 

À Gérôme


Là-bas, les muezzins ont cessé leurs clameurs.
Le ciel vert, au couchant, de pourpre et d’or se frange ;
Le crocodile plonge et cherche un lit de fange,
Et le grand fleuve endort ses dernières rumeurs.
 
Assis, jambes en croix, comme il sied aux fumeurs,
Le Chef rêvait, bercé par le haschisch étrange,
Tandis qu’avec effort faisant mouvoir la cange,
Deux nègres se courbaient, nus, au banc des rameurs.
 
À l’arrière, joyeux et l’insulte à la bouche,
Grattant l’aigre guzla qui rythme un air farouche,
Se penchait un Arnaute à l’œil féroce et vil ;
 
Car lié sur la barque et saignant sous l’entrave,
Un vieux Scheikh regardait d’un air stupide et grave
Les minarets pointus qui tremblent dans le Nil.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 4 mars 2018 à 11h59

Oiseau d’azur et de passage
--------------------------------

De cet oiseau discret, jamais nulle clameur ;
Ses ailes sont d’azur, mais de sable se frangent.
Très rarement, il plonge et cherche un lit de fange,
Mais on n’en est pas sûr ; serait-ce une rumeur ?

Il a de bons poumons, car il n’est pas fumeur,
N’aimant ni le tabac, ni le haschisch étrange,
Aux avis des meilleurs médecins il se range.
Il plane cependant, ce n’est pas un rameur.

Il a presque toujours un poème à la bouche,
Il n’est pas agressif, il n’a pas l’air farouche;
Plus pur que Parsifal, il ne fait rien de vil.

Il a pitié des boeufs qui souffrent sous l’entrave,
Regardant devant eux d’un air stupide et grave
Depuis quatre mille ans, sur les rives du Nil.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er janvier 2019 à 14h03

Chaussures du gyrovague
------------------------------

J’ai suivi des chemins discrets, loin des clameurs
Des agglomérations qui de banlieues se frangent.
Mes pieds ne craignent pas de marcher dans la fange
Auprès d’un vif torrent dont j’entends la rumeur.

J’aimais les cabarets envahis de fumeurs,
Jadis, mais à présent je fuis ces lieux étranges ;
Ce n’est pas surprenant, avec l’âge, on se range,
Et puis on se repose, et pour finir, on meurt.

Les fruits de la forêt sont tendres à ma bouche,
Je deviens familier des animaux farouches
Qui ont un coeur paisible et ne font rien de vil.

Gyrovague je suis, vagabond sans entraves,
Avec le sanglier j’échange un regard grave :
Sa présence me plaît, c’est un monstre subtil.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Klingsоr : Lе Νаin

Hugо : «Jеunеs gеns, prеnеz gаrdе аuх сhоsеs quе vоus ditеs...»

Саmillе Μаuсlаir

Βruаnt : Fins dе sièсlе

Dеlillе : Lе Соin du fеu

Lаfоrguе : Dаns lа ruе

Sаtiе : Lе Τrаînеаu

Τаilhаdе : Ιnitiаtiоn

Du Βеllау : «Νоuvеаu vеnu, qui сhеrсhеs Rоmе еn Rоmе...»

Μilоsz : «Sur mа guitаrе dоnt lеs ассоrds...»

☆ ☆ ☆ ☆

Μussеt : Sur unе mоrtе

Du Βеllау : «Μаudit sоit millе fоis lе Βоrgnе dе Libуе...»

Hugо : Répоnsе à un асtе d’ассusаtiоn

Βruаnt : Fins dе sièсlе

Gréсоurt : Lе biеn viеnt еn dоrmаnt

Vitré : «Μоn âmе еst un rоsеаu fаiblе, sес еt stérilе...»

Hugо : À dеs оisеаuх еnvоlés

Diеrх : Εn сhеmin

Rоllinаt : Lа Сhаnsоn dеs Αmоurеusеs

Сrоs : Sоir

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Соmmе јаdis l’âmе dе l’univеrs...» (Du Βеllау)

De Jаdis sur «Се n’еst pаs drôlе dе mоurir...» (Τоulеt)

De Μаlvinа- sur «Quе tristе tоmbе un sоir dе nоvеmbrе...» (Νоuvеаu)

De Сосhоnfuсius sur Sur lе pаssаgе dе lа Μеr Rоugе (Drеlinсоurt)

De Сосhоnfuсius sur Sсènе d’аtеliеr : «Sасhаnt qu’Εllе еst futilе, еt pоur surprеndrе à l’аisе...» (Сrоs)

De Jаdis sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Jаdis sur Lа Сhаnsоn dеs Αmоurеusеs (Rоllinаt)

De Lеmiеuх Sеrgе sur «Vоtrе rirе еst éсlаtаnt...» (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Сurаrе- sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Сhristiаn sur Rêvеriе sur tа vеnuе (Αpоllinаirе)

De Diсkо rimеur sur «Jе rêvе dе vеrs dоuх еt d’intimеs rаmаgеs...» (Sаmаin)

De Νаguèrе sur «Sеs purs оnglеs très hаut dédiаnt lеur оnух...» (Μаllаrmé)

De Vinсеnt sur «Ô qu’hеurеuх еst сеlui qui pеut pаssеr sоn âgе...» (Du Βеllау)

De Εsprit dе сеllе sur Сhаnsоn (Οmbrе du bоis) (Lоuÿs)

De Αlbеrtus sur Сhаnsоn : «Ô biеnhеurеuх qui pеut pаssеr sа viе...» (Dеspоrtеs)

De mаl еntеndеur sur Sоnnеt à Μаdаmе Μ.Ν. : «Quаnd, pаr un јоur dе pluiе, un оisеаu dе pаssаgе...» (Μussеt)

De Μеillеur trаduсtеur sur Lе Βоis аmiсаl (Vаlérу)

De Vinсеnt sur «Αfin quе pоur јаmаis...» (Βаïf)

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Τоi qui аs еt pоur mèrе еt pоur pèrе...» (Jоdеllе)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De Τоurniсоti-tоurniсоt sur Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir (Rimbаud)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе