Heredia

Les Trophées, 1893


Médaille


 
Seigneur de Rimini, Vicaire et Podestà.
Son profil d’épervier vit, s’accuse ou recule
À la lueur d’airain d’un fauve crépuscule,
Dans l’orbe où Matteo de’ Pastis l’incrusta.
 
Or, de tous les tyrans qu’un peuple détesta,
Nul, comte, marquis, duc, prince ou principicule,
Qu’il ait nom Ezzelin, Can, Galéas, Hercule,
Ne fut maître si fier que le Malatesta.
 
Celui-ci, le meilleur, ce Sigismond Pandolphe,
Mit à sang la Romagne et la Marche et le Golfe,
Bâtit un temple, fit l’amour et le chanta ;
 
Et leurs femmes aussi sont rudes et sévères,
Car sur le même bronze où sourit Isotta,
L’Éléphant triomphal foule des primevères.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 24 juillet 2014 à 10h54

Dans l’atmosphère
---------------------------

Le père Dupanloup, voyageant en ballon,
Promenait noblement sa gloire majuscule
Que venait rehausser l’éclat du crépuscule
Qui de rouge marquait la crête et le vallon.

Son vagabond parcours n’avait point de jalons ;
Car, dans les airs, chacun sans obstacles circule,
C’est le souffle des vents qui la route calcule,
Bâtissant un chemin qui peut être fort long.

Or, une précaution s’avère salutaire :
C’est de ne jamais rien laisser traîner à terre,
Sinon, l’aéronef s’en trouve ralenti.

Je sais qu’une chanson (faite par des andouilles)
Prétend que Dupanloup de la sorte s’embrouille :
Mais, selon les experts, ce couplet a menti.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 2 avril 2020 à 12h17

Dans l’atmosphère
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Les frères Montgolfier bricolent un ballon
Et le roi leur octroie un blason majuscule ;
Rouge est l’étrange nef dans l’or du crépuscule,
Lointains sont les sommets et lointains les vallons.

Vers d’immenses progrès ils posent des jalons,
Vers un monde où chacun fort aisément circule ;
Libre est leur trajectoire, et nul ne la calcule,
Ils s’en vont n’importe où, sans trouver le temps long.

Ballon des voyageurs, invention salutaire,
Tu permets à chacun de survoler la terre,
Que le vent s’accélère ou qu’il soit ralenti.

Acceptant le soleil et la pluie qui le mouille,
L’aéronef s’en va dans le temps qui se brouille,
Ton principe, Archimède, il n’avait pas menti.

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