Heredia

Les Trophées, 1893


Sur le Pont-Vieux


 

                                Antonio di Sandro orefice.


Le vaillant Maître Orfèvre, à l’œuvre dès matines,
Faisait, de ses pinceaux d’où s’égouttait l’émail,
Sur la paix niellée ou sur l’or du fermail
Épanouir la fleur des devises latines.
 
Sur le Pont, au son clair des cloches argentines,
La cape coudoyait le froc et le camail ;
Et le soleil montant en un ciel de vitrail
Mettait un nimbe au front des belles Florentines.
 
Et prompts au rêve ardent qui les savait charmer,
Les apprentis, pensifs, oubliaient de fermer
Les mains des fiancés au chaton de la bague
 
Tandis que d’un burin trempé comme un stylet,
Le jeune Cellini, sans rien voir, ciselait
Le combat des Titans au pommeau d’une dague.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 19 novembre 2014 à 15h05

Sagesse du boeuf
----------------------

Le boeuf dort au plafond quand sonnent les matines,
Son museau est de sable, un digne et sombre émail.
Le barde, abandonnant son modeste travail,
S’en vient lui réciter des sentences latines.

Ici, le réfectoire, ou très humble cantine,
Rassemble les chercheurs en un tiède bercail ;
Chaque fenêtre arbore un éclat de vitrail
Et le cuistot y grille une côte argentine.

La magie de la salle a de quoi nous charmer ;
À deux ou trois copains, l’on peut s’y enfermer
Pour goûter du vin sombre et quelques propos vagues.

Comme il descend, ce vin ! Mieux que du petit lait ;
L’existence, bientôt, n’aura plus rien de laid,
Nous la prendrons, c’est sûr, comme une bonne blague.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 7 juillet 2019 à 12h05

Moine astronome
------------------

Le moine voit au ciel, à l’heure des matines,
Une lune d’argent, respendissant émail ;
Elle semble approuver et bénir son travail,
Récitant avec lui des formules latines.

Un estival soleil éclaire la cantine
Et l’humble potager orné d’épouvantails ;
Passant par chaque vitre et par chaque vitrail,
Il manifeste ainsi sa grâce adamantine.

Par Lune et par Soleil sont les astres charmés,
Qui aux sphères du ciel se trouvent enfermés,
Retenus par l’éther qui ne fait point de vagues.

Mieux vaut ce vieux couvent qu’un auguste palais,
C’est un endroit paisible, on n’y fait rien de laid,
Et puis le Père Abbé sait d’amusantes blagues.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 7 juillet 2019 à 12h18

Moine astronome (avec retouche)
------------------

Le moine voit au ciel, à l’heure des matines,
Une lune d’argent, resplendissant émail ;
Elle semble approuver et bénir son travail,
Récitant avec lui des formules latines.

Un estival soleil éclaire la cantine
Et l’humble potager orné d’épouvantails ;
Passant par chaque vitre et par chaque vitrail,
Il manifeste ainsi sa grâce adamantine.

Par Lune et par Soleil sont les astres charmés,
Qui aux sphères du ciel se trouvent enfermés,
Retenus par l’éther qui ne fait point de vagues.

Mieux vaut ce vieux couvent qu’un auguste palais,
C’est un endroit paisible, on n’y fait rien de laid,
Et puis le Père Abbé sait d’amusantes blagues.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 février 2020 à 12h12

Plume de boeuf
-------

L’écriture du boeuf, elle est presque enfantine,
C’est la calligraphie qu’on enseigne au bétail ;
Il en fait cependant un fort joli travail,
Rendant parfois hommage à des sources latines.

Il trace une prière à Sainte Clémentine
Mais que je ne saurais vous citer en détail ;
Ensuite, d’un proverbe, il orne un éventail,
Je crois qu’il le tira d’une oeuvre byzantine.

De ta plume, cher Boeuf, nous voilà tous charmés,
Par laquelle ton art est ce jour affirmé ;
La Muse tient ta main, qui jamais ne divague.

L’étable te convient plus qu’un vaste palais,
Car la simplicité, depuis toujours, te plaît ;
Tu es un Barde-Boeuf, ce n’est pas une blague.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 15 novembre 2020 à 14h59

Ambiboeuf
----------

L’ambiboeuf n’est jamais servi dans les cantines
Ni dans les restaurants ; et j’ajoute un détail ;
Il ne faut surtout pas lui donner du travail,
Sinon de commenter la poésie latine.

Il n’utilise point sa force éléphantine,
Car il ne voudrait pas être un épouvantail ;
Mais il aime tracer des phrases d’éventail,
On y voit s’exprimer son âme byzantine.

Ce bovin remarquable est de cornes armé,
Mais de le constater, ne sois pas alarmé ;
Il ne s’en sert jamais, pas même quand il drague.

Notre roi volontiers l’accueille en son palais,
Comme un grand du royaume, et non comme un valet ;
Il vaut bien un bouffon pour raconter des blagues.

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