Hugo

La Légende des siècles, 1859


Après la bataille


 
Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait : « À boire ! à boire par pitié ! »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit : « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant : « Caramba ! »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père.
 

Commentaire(s)
Déposé par lolita2309 le 5 décembre 2012 à 18h59

lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol lol mdr mdr mdr

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Déposé par Christian le 6 décembre 2012 à 08h39

Au programme des écoles jadis...

Ça inspira une chanson à Pierre Perret :

Mon père, ce satyre au sourire si doux
Faisait guili-guili aux petites filles sages
Et pour les suborner les attirait chez nous
Preuve d’un singulier courage
Car ma mère dans ce cas-là ne le laissait pas choisir
Elle lui refilait d’emblée la plus mauvaise chambre
Lui faisait des remontrances à n’en plus finir
Et finalement elle lui gâchait tout son plaisir

Ah ! les parents les parents les parents
C’est un souci pour les enfants, les parents

Mon père, ce satyre faisait les quatre cents coups
Mais comme il était myope comme un thermomètre
Il embrassait parfois ces anges dans le cou
Un jour ce fut le tour du notaire
Papa faillit payer cher cette étourderie
Maman parlait déjà de l’envoyer dans les ordres
Il eut de ses maîtresses des scènes de jalousie
Et le notaire n’apprécia pas ses cajoleries

Ah ! les parents les parents les parents
C’est un souci pour les enfants, les parents

Mon père ne savait pas modérer ses transports
On entendait glousser toutes ces nouvelles vierges
Comme elles avaient des corps à réveiller un mort
Chaque fois ça réveillait le concierge
Papa se fit remarquer il n’en fallait pas plus
Il dut partir céans vers de nouveaux ravages
Comme c’était un mystique du genre plutôt poilu
Il peut pas être ailleurs qu’à l’armée du salut

Ah ! les parents les parents les parents
C’est un souci pour les enfants, les parents

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Déposé par Pierre Dac le 6 février 2013 à 16h40

Mon père, cet anchois au sourire andalou,
Suivi d’un nénuphar qu’il aimait entre tous
Pour son faux col vert neige fait en pierre de taille,
Parcourait en nageant la foire à la ferraille,
Où se tenaient,  pensifs, des melons accroupis...
Soudain, son gros orteil crut percevoir des cris...
C’était un hérisson voltigeant sur la route,
Qui brûlait son chandail pour mieux casser la croûte,
En criant : « Un chou-fleur pour cirer mes souliers ! ...
Ou bien un bec de gaz pour me laver les pieds !... »
Mon père, ému, tendit au nénuphar fidèle
L’obélisque à vapeur où trempait sa bretelle
Et dit : « Mouche la jambe à cet oiseau blessé,
Et brûle-lui l’œil droit avec un fer glacé. »
À ce moment précis, surgissait du Rat Mort,
En marchant sur les mains, un boa constrictor
Qui lança sur mon père sa veste en alpaga.
Le coup passa si près qu’un hareng se noya,
Et qu’un éléphant blanc tomba dans sa soupière.
« Hurrah ! » cria mon père, se mordant la paupière.

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Déposé par Eschylle le 9 décembre 2013 à 16h00

Mon vieux chat, ce matou au sourire grisou
Suivi d’une souris qu’il aimait entre tous
Pour ses yeux perle jais et pour sa belle taille
Examinait le soir auprès de la piétaille,
Les passages discrets où les vers avaient fui.
Il lui sembla entendre un tout petit cui-cui.
C’était un poussinet au bec couvert de croutes
Lugubre et dépité qui faisait fausse route
La gueule de travers et couverte à moitié
Qui pépiait, piteux, que c’en était pitié
Des sons incohérents tels un violoncelle.
Mon vieux chat tendit, prompt, à sa souris fidèle,
Un fromage et dit « Laisse-le boulotter ».
Tout à coup, à l’instant où la souris, du thé
Préparait les gâteaux, le poussin, sans effort,
Saisit un vieux fromage aux reflets jaunes d’or
Et vise au cœur mon chat en couinant « Sale rat ! »
L’édam passa si près que mon chat se courba
Et que sa souris, au trou, bondit affolée.
« Croque-le » dit mon chat « C’est assez rigolé ».

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Déposé par Christian le 9 décembre 2013 à 16h07

« Un fromage et LUI dit » peut-être ?...

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