Hugo

Les Contemplations (II), 1856


             
XIV


Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
 
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
 
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
 

3 septembre 1847.

Commentaire (s)
Déposé par vigouroux jean-claude, pierre le 5 mai 2012 à 12h34

Paris le 5 Mai 2012

Merci, Monsieur, pour ce poème que l’on a du plaisir à retrouver. . .la surprise finale, très délicate, emplie de l’amour filial intense de cet immense poète qu’est bien entendu Victor Hugo, enrobe le tout d’une grande luminosité ..

j’ai vécu cette tragédie de la perte d’une enfant et peut-être aurez -vous le temps de parcourir le site émaillé de photos qui lui sont consacrées ainsi que de nombreux poèmes, dont beaucoup sont chrétiens. . .

Je recherche un beau poème qui a trait à la ronde sans cesse renouvelée des générations et à leur gestuelle qui se répète indéfiniment au fil du temps.,je ne me souviens plus le nom de l’auteur. . .mais peut-être figure-t-il dans votre gigantesque " banque de données ".

je vous remercie en tous cas de l’intérêt que vous pourriez prendre à mes commentaires et vous lirai avec plaisir.

Recevez, Monsieur, mes cordiales salutations,

Jean-Claude, Pierre Vigouroux

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Le chef vétérinaire le 3 juin 2012 à 12h38

Merci !

Je ne vois pas à quel poème vous faites allusion, mais si vous vous souvenez de quelques mots ou morceaux de phrase, vous pouvez les rechercher sur Google ou tout moteur de recherche analogue.

Bien cordialement

CT

[Lien vers ce commentaire]

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