Hugo

[Posthumes]


Les Yeux Bleus de Jeanne


 
L’enfant irréprochable étonne l’homme austère.
Qui que tu sois, qui fais le bien sur cette terre,
Je te tiens pour vraiment auguste et glorieux
Si tu peux supporter ceci : l’azur des yeux.
Je ne suis pas de ceux dont la vie est tranquille ;
Je suis souvent sorti des portes d’une ville
Sans savoir si j’allais avoir de quoi manger ;
J’ai connu l’âpre exil, l’œil froid de l’étranger,
Tous les deuils, et le souffle orageux qui tourmente
Autant l’homme pensif que la mer écumante ;
Je suis le nautonier du devoir, j’ai souvent
Reçu dans mon destin les contrecoups du vent ;
J’ai, sous l’immensité des tempêtes profondes,
Contemplé l’éternelle émotion des ondes,
Ému moi-même, hélas ! des maux de mon pays ;
Eh bien, ces rois sanglants qui nous ont envahis,
Ces lâches profitant des portes mal fermées,
Ces prêtres qui les ont bénis, ces chefs d’armées,
Secouant des drapeaux qu’enfle un vent de courroux,
Sachant que j’ai raison, je les dédaigne tous,
Eux, et leur noir triomphe, et leur splendeur maudite,
Mais devant un enfant qui passe, je médite,
Je m’examine avec anxiété ; je vois
Le vrai dans son sourire et j’entends dans sa voix
Le murmure profond des choses inconnues.
Les éblouissements qui flottent dans les nues,
L’aube vue à travers les rameaux assombris,
La rapide lueur du vol des colibris,
N’ont pas plus de douceur que le regard qu’on aime ;
Mais on a peur. Devant cette blancheur suprême,
Si Dieu voulait que l’œil de l’homme pût la voir...
 

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