Max Jacob

Le Laboratoire central, 1921



 
Gentil Quimper, le nid de mon enfance
De lierre, ormeaux, roches tout tapissé,
Vois ce, d’un tendre amour, qu’à ta face
J’offre ! un miroir de hêtre et de houx.
Hêtre et houx cachant nos jeux de courses
Par intervalle dans l’étroite vallée !
Ayant confié le cartable à la mousse
Avec les compagnons j’ai folâtré.
Mère ou servante, le dos à la feuillée
Brodait, cousait ou ravaudait les bas
Sans craindre trop la pente ravinée
Car les quinconces protégeaient nos faux pas.
Du haut en bas ce n’était que feuillage
Piécettes d’ombre et pièces de soleil
Sur une haie c’est du linge qui flotte
Troupeau gardé par la vieille au bâton
Nous, lévriers de la terre moussue
Nous poursuivions dans les couloirs de hêtres
Blancs, hérissés parfois d’éventails de rameaux
En bas, l’Odet aux ponts de fer multiples
Se gargarise interminablement.
Sur le disque éclatant de l’Odet élargi
J’aimais apercevoir entre les doigts des arbres
Les joues du grand voiliers dorées par le soleil
Tandis que sous nos pieds s’élançant des broussailles
Les trois-mâts fins et lourds faisaient songer à Dieu.
J’écris nos deux clochers en lettres majuscules
Fleuries, enrubannées, pleines de cris d’oiseaux
L’escalier de la tour au milieu des coquilles
Des blancs, des nuits, des coins et des coups d’air soudains
C’était comme paraphe ! Avec des Parisiens
Nous avons effrayé vos poutres, grandes orgues !
Jésus habite en bas. C’est une tiare
Le haut, le phare que les archanges
Tiennent depuis des siècles et des siècles à deux mains
On tolère la canne et le pied des humains
Or le vallon serait un clocher à l’envers
Sans les gros marronniers et vingt-cinq ponts de fer.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 27 mai 2017 à 16h32

Oiseau-patriarche
------------------

Devenu vieux, l’oiseau vit son enfance,
Il prend refuge en son propre passé ;
Les tendres liens ne sont pas tous cassés,
Il garde amour de son ancienne France.

France est maison, Armorique est errance,
De Celtes sont souvenirs entassés ;
Un jour d’école, on le croit effacé,
Il en revient à Quimper souvenance.

Mère ou servante, une dame bretonne
Me dit toujours des contes qui m’étonnent,
Sans craindre trop la noirceur de l’oubli.

Le centre ville est orné de quinconces,
Dans les faubourgs, c’est la terre des ronces,
Ce monde est juste, il n’a pas un faux pli.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τаvаn : Lаssitudе

Hаrаuсоurt : Αu tеmps dеs féеs

Νоuvеаu : Lеs Μаlсhаnсеuх

Νоuvеаu : Humilité

Τаvаn : Lаssitudе

Τаvаn : Sоir d’été

Lа Villе dе Μirmоnt : Ρrоmеnаdе

Βruаnt : Lézаrd

Ρеnquеr : Lе Vаllоn dе Kеrsаint

Hugо : Εt nох fасtа еst

Hugо : Guitаrе : «Gаstibеlzа, l’hоmmе à lа саrаbinе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Vеrlаinе : Lе Μоnstrе

Lаfоrguе : Ρiеrrоts : «Εllе disаit...»

Βаudеlаirе : Déјà !

Νоuvеаu : Lа Ρоudrе

Τаvаn : Lаssitudе

Hаrаuсоurt : Αu tеmps dеs féеs

Νоuvеаu : Fêtеs gаlаntеs

Vеrlаinе : «Âmе, tе sоuviеnt-il, аu fоnd du pаrаdis...»

Τаvаn : Lа Rоndе dеs mоis

Dеrèmе : «Νоus nоus tаisоns. Lе vеnt bаlаnсе...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt à Sеinе еt à sеs rivаgеs (Vеrmеil)

De Сосhоnfuсius sur «Ô misérаblе viе ! iсi-bаs аgitéе...» (Lа Rоquе)

De mdrlоl sur Lеs Léprеuх (Βеrtrаnd)

De Сосhоnfuсius sur «Rоssignоl mоn mignоn...» (Rоnsаrd)

De Vinсеnt sur Ρаrsifаl (Vеrlаinе)

De Vinсеnt sur «Μаdаmе, si tu vеuх mе prêtеr tоn оrеillе...» (Βirаguе)

De Lа piаnistе sur Αlmаnасh (Сrоs)

De Vinсеnt sur «Се n’еst pаs dе mоn gré, Саrlе, quе mа nаvirе...» (Du Βеllау)

De Jеаnnе-d’Αrс sur «Се quе ј’аimе аu printеmps, је tе vеuх dirе Μêmе...» (Μаgnу)

De vinсеnt sur «Un pеu dеvаnt quе l’аubе аmеnât lа јоurnéе...» (Gоdаrd)

De Ρiеrrоt sur «Sеs purs оnglеs très hаut dédiаnt lеur оnух...» (Μаllаrmé)

De Lа Μusérаntе sur Sоnnеt : «Hа ! nе mе blâmе plus, mаis blâmе mоn dеstin...» (Viviеn)

De Ρiеrrоt sur Ρsеudо-sоnnеt quе lеs аmаtеurs dе plаisаntеriе fасilе (Fоurеst)

De Βеnеdеtti еt Sаundеr sur «Ô musе inсоrrigiblе, оù fаut-il quе tu аillеs !...» (Rоllinаt)

De sуnсhrоniсité sur Lе Rоi Rеnаud (***)

De Jоhn Kеаts sur «Sur lе bоrd d’un bеаu flеuvе Αmоur аvаit tеndu...» (Μаgnу)

De Lа Μusérаntе sur Lеs Αspеrgеs (Rоllinаt)

De Αllis sur Épitаphе (Νоuvеаu)

De Μаrl’hаinе sur Соnаssе (Βruаnt)

De Gаrсе’sоnnе sur «Νаturе еst аuх bâtаrds vоlоntiеrs fаvоrаblе...» (Du Βеllау)

De Gаrdiеn dеs Αlbаtrоs sur Μоn Βisаïеul (Βеrtrаnd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе